Après avoir fait paraître deux albums en français, l'auteur acadien Fredric Gary Comeau revient à ses racines chansonnières, qui ont naguère poussé dans la langue de Leonard Cohen.

CHARLES-ÉRIC BLAIS-POULIn LA PRESSE

S'il faut le rappeler : du « prince du pessimisme », il ressuscite la voix grave, la plume lyrique, les ambiances mélancoliques, les thèmes graves - disparition, rupture, fuite du temps - et les échos de voix féminins (Barricades). L'auteur-compositeur-interprète se décharge toutefois de tout pastiche grâce à des influences d'autres poètes rock (Nick Cave, Tom Waits), articulées par des musiciens experts, ainsi qu'à une interprétation qui a pris du corps et de la bouteille.

Si la facture folk demeure assez usitée, certaines pièces font jaillir des inflexions jazzy (cuivrées Time to Leave et There'll Be No End to This) et néo-country (entêtante Little Lion). Rien ne nous apparaît génial dans le détail, mais The Glimmer, écrit sur deux décennies et enregistré sur trois ans, n'en forme pas moins un tout puissant et somptueux. D'une indémodable beauté.

***1/2

Folk. The Glimmer, de Fredric Gary Comeau. Indépendant.