Commandées par le Kronos Quartet entre 1988 et 1995, les trois oeuvres pour quatuor à cordes du Polonais Henryk Górecki (1933-2010) sont moins célèbres que ses symphonies, particulièrement la no 3 ou Symphonie des chants plaintifs (1976), qui marquait son retour inattendu à la musique tonale - et qui a été un très grand succès populaire, notamment auprès de moult fans de rock et artistes du sous-genre post-rock.

Mis à jour le 29 janv. 2019
ALAIN BRUNET LA PRESSE

Or, ces quatuors à cordes, les deux premiers dans le cas qui nous occupe, réunissent les qualités formelles des oeuvres antérieures de Górecki et celles de sa fameuse troisième symphonie, plus accessibles et plus minimalistes. 

On peut y contempler une superbe intégration de propositions tonales et atonales pour le moins diversifiées, des évocations de Ludwig van Beethoven (début XIXe) à celles de l'école de Darmstadt (milieu XXe).

Force est d'observer que les sons organisés fréquentent les extrémités du spectre émotionnel: calme et violence au programme, très peu de zones grises.

Chose certaine, ces exécutions limpides et habitées des Quatuors no 1 et no 2 par le Tippett Quartet (du Royaume-Uni), sans compter la radicale Genesis I: Elementi pour trio de cordes (violon, alto, violoncelle), nous font ressentir très clairement le pouvoir goreckien.

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CONTEMPORAIN. Górecki String Quartets Nos 1 and 2, Genesis I: Elementi. Tippett Quartet. Naxos.