Il y a un an, le pianiste, claviériste et compositeur anglais John Escreet présentait au Jazz Gallery de New York les premiers fruits matures de Learn to Live.

Mis à jour le 23 janv. 2019
ALAIN BRUNET LA PRESSE

La Presse affichait présent à ce concert, ce qui justifie la recension de ce projet désormais enregistré et rendu public.

Prédisons d'emblée que certains associeront à tort l'opus Learn to Live au jazz-fusion post-Miles Davis ou même rock progressif des années 70. Bien sûr, user de synthétiseurs et de Fender Rhodes (et aussi de piano) dans le contexte d'un jazz musclé peut déclencher tous les clichés mélomanes, mais il faut se rendre à l'évidence: quoique gonflée de testostérone, cette musique (écrite et improvisée) est nettement plus contemporaine, plus savante, plus virtuose dans ses exécutions.

Quiconque connaît le jazz sait fort bien que le saxophoniste Greg Osby, le trompettiste Nicholas Payton, le bassiste Matt Brewer, les batteurs Eric Harland et Justin Brown (jumelés sur quatre pièces) n'ont pas grand-chose à voir avec quelque conservatisme fusion ou prog.

Autour des compositions de John Escreet, ils cherchent visiblement à actualiser ces formes populaires et savantes en souscrivant à leurs avancées harmoniques, mélodiques et texturales d'aujourd'hui... sans renier leurs origines pour autant. Enfin bref, on est vraiment en 2019, loin des relents passéistes et surannés.

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Jazz. Learn to Live. John Escreet. Blue Room Music.