Parmi les groupes les plus visionnaires des années 90, leaders du boom bap, passés maîtres de l'intégration jazzistique et autres amalgames alors inédits dans un contexte hip-hop, le collectif A Tribe Called Quest a repris du service en studio et... perdu l'un de ses protagonistes en cours de réalisation - Phife Dawg est mort du diabète en mars dernier.

Mis à jour le 24 nov. 2016
Alain Brunet LA PRESSE

Pour cette ultime et généreuse offrande de 16 titres (le mot «final» a été amplement médiatisé) ont été mis à contribution des invités de marque: Kendrick Lamar, Anderson .Paak, André 3000, Talib Kweli, Kanye West, Jack White, bref un détachement d'élite pour boucler une boucle qu'on pensait bouclée depuis longtemps - 18 ans séparent la sortie de ce sixième album et The Love Movement.

A-t-on évité la plate gestion de patrimoine? Grosso modo, OUI. Sans dénaturer la facture originelle, le flow brillant et les concepts de réalisation de Q-Tip, les grooves concoctés par Ali Shaheed Muhammad, plusieurs éléments apportent du neuf, des écoutes successives permettent de l'apprécier: guitares acidulées, choeurs barbershop, musiques de chambre, claviers jazz, influx électroniques, synthés analogiques, on en passe.

Non, il ne s'agit pas ici d'un album-clé du hip-hop, ce n'est pas un game changer, néanmoins l'un des meilleurs sortis en 2016, le tout coiffé par un titre de circonstance: The Donald. «Yes, yes, he the wrong ones to fuck with / No matter what the day...»

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HIP-HOP. We got it from Here... Thank You 4 Your service. A Tribe Called Quest. Epic Records.