C'est très foncé, c'est très beau. À prendre à petites doses, car ça gèle plus fort que le spleen. Les chansons défilent dans la pénombre, on pense à Angelo Badalamenti (Twin Peaks), à l'album de Portishead avec cordes, au travail de Georges Delerue (Platoon) et autres déploiements orchestraux issus de périodes antérieures à la nôtre.

Mis à jour le 8 nov. 2016
Alain Brunet LA PRESSE

Et oui, ça saute aux oreilles lorsqu'on tombe sur les arrangements et la structure harmonique de Juste un peu, qui rappellent étrangement Le chat du café des artistes, très grand cru de Jean-Pierre Ferland.

Or, nous sommes en 2016, de jeunes Kebs (Nicolas Grou, Marianne Houle, Rose Normandin) se plaisent (enfin!) à tisser de l'indie folk de chambre et du trip hop orchestral avec les meilleures chansons francophones d'Amérique au programme automnal: celles du doué Antoine Corriveau, un type aux humeurs noires, néanmoins (sur)vivant, poétiquement nourri aux rendez-vous volontairement loupés, aux atterrissages forcés, aux «hydravions qui s'écrasent sous l'eau», aux «désirs endormis», aux «points de départ ou de fuite», aux «trous à rats» et autres descentes en spirale.

Baissez les stores, fermez lumières, reculez l'heure. Novembre ne cessera jamais.

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CHANSON. Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter. Antoine Corriveau. Coyote Records.