Samedi soir dernier, un tweet émanant du compte officiel du groupe-culte My Bloody Valentine annonçait que son troisième album paraîtrait bientôt. Deux heures plus tard - pardon, après 22 ans d'attente! -, la bande à Kevin Shields le mettait en vente sur mybloodyvalentine.org.

Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Commotion sur le web: le site a inévitablement planté. Et quel album! Du classique MBV dès les premières notes de She Found Now. Ce gigantesque et magnifié son de guitare que seul Shields sait créer, qui nous renvoie au génie du classique Loveless (1991). m b v en est tapissé, et enfoui sous ces épais nuages de distorsion, des boucles de batterie et la voix délicate, indéchiffrable, de Bilinda Butcher. My Bloody Valentine dérange par la charge frontale sonore qu'il assène, mais apaise par la qualité de ses mélodies et la complexité des harmonies.

Or, Shields ne fait pas que rappeler la gloire passée; il consacre quatre chansons, dont les stupéfiantes trois dernières à risquer les sonorités électroniques, comme pour prouver qu'il lui reste des idées neuves et que son groupe n'a pas fait attendre les fans en vain. Beau et obsédant.

À écouter: Wonder 2

ROCK

MY BLOODY VALENTINE

m b v

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Indépendant