Il faut parfois laisser certains disques reposer pour en prendre l'exacte mesure.

Publié le 20 nov. 2010
Marie-Christine Blais LA PRESSE

En réécoutant, quelques semaines après son lancement, le disque de 15 morceaux qui figureront dans l'opéra-folk Les filles de Caleb en avril, on est plus à même de réaliser ses forces: on fredonne facilement les mélodies composées par Michel Rivard, on s'attarde aux textes qu'il a concoctés à partir du livret de Micheline Lanctôt et des romans d'Arlette Cousture, on en apprécie les subtils arrangements qui en font véritablement un disque de folk contemporain.

 

 

Mais, surtout, Rivard a résisté à l'attrait du «hit pas rapport avec l'histoire, mais tellement radiodiffusable» (genre Changer dans Don Juan ou Les rois du monde dans Roméo et Juliette). En d'autres termes, hormis le premier extrait Voir grand, voir devant (qui décrit trop toute l'histoire d'Émilie en début du musical), le prologue et les 13 autres chansons sont vraiment conçus pour faire avancer la trame de ces Filles de Caleb portées à la scène - comme le faisaient en 1970 les chansons de Demain matin, Montréal m'attend, une de nos meilleurs comédies musicales «made in Québec».

***1/2

Trame sonore Michel Rivard  Les filles de Caleb Tandem.mu / Sélect