C'est vrai que les chansons de Steve Veilleux n'auraient pas pu être interprétées par son groupe Kaïn: elles sont extrêmement personnelles et à des années-lumière du côté à la fois joyeux et nostalgique de l'adolescence que chante la formation.

Marie-Christine Blais LA PRESSE

Elles sont peut-être même un peu trop personnelles. C'est bien, faire des chansons plus introspectives. Et c'est bien aussi, demander à Éric Goulet, alias Monsieur Mono, de réaliser un album aussi intime et de cosigner des arrangements très beaux: c'est l'expert des chansons tristes et belles. Seulement, ça donne 13 chansons thérapeutiques consécutives, sans aucun répit, qui sondent et expriment la peine de Veilleux (même la dernière, pour son petit garçon, n'est pas joyeuse). Il est presque impossible pour l'auditeur de se projeter dans ses morceaux : il n'y a pas sa place. La démarche est franchement courageuse, et certaines chansons tirent leur épingle du jeu (Dire non, La clé des champs, etc.).

Mais on se sent presque gêné devant une telle vulnérabilité, comme si on était entré par mégarde dans le bureau d'un psychothérapeute en consultation.

Extrait: Dire non

CHANSON ROCK

Steve Veilleux

Les souvenirs qui ne meurent jamais

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Passeport/DEP