(New Delhi) YouTube a supprimé une vidéo du rappeur indien assassiné Sidhu Moose Wala, publiée à titre posthume et qui avait recueilli près de 30 millions de vues, suite à une plainte du gouvernement.  

Publié le 27 juin
Agence France-Presse

La chanson, SYL, parle d’une rivière au centre d’un long conflit entre l’État d’origine du rappeur sikh, le Pendjab, et celui voisin de l’Haryana.  

La chanson, publiée jeudi à titre posthume, aborde également les émeutes meurtrières visant la communauté sikhe qui avaient éclaté en Inde en 1984 et la prise d’assaut d’un important temple sikh par l’armée la même année.  

La chanson a été vue près de 30 millions de fois et engrangé 3,3 millions de « likes » sur la page YouTube du chanteur avant d’être retirée au cours du week-end.   

« Ce contenu n’est pas disponible sur ce domaine national en raison d’une plainte légale du gouvernement », indique un message à l’adresse du lien. La chanson reste toutefois disponible dans d’autres pays.  

Dans un courriel adressé à l’AFP, un porte-parole de YouTube a indiqué que la société avait retiré la chanson « conformément aux lois locales et à nos conditions d’utilisation après un examen approfondi ».  

Contacté par l’AFP, le gouvernement n’a pas répondu pour le moment.  

La famille du rappeur a qualifié la suppression de la chanson d’« injuste » et demandé au gouvernement de retirer sa plainte, selon les médias locaux.  

« Ils peuvent interdire la chanson, mais ils ne peuvent pas retirer Sidhu du cœur des gens. Nous allons discuter des options légales avec des avocats », a déclaré son oncle, Chamkaur Singh, cité par le quotidien Hindustan Times.  

Sidhu Moose Wala, dont le nom de naissance est Shubhdeep Singh Sidhu, a été abattu dans sa voiture le mois dernier dans le Pendjab. La semaine dernière, la police indienne a arrêté trois suspects et saisi une cache d’armes, dont un lance-grenades.

Le jeune artiste de 28 ans avait conquis le cœur des jeunes du Pendjab avec des vidéos de rap très accrocheuses attaquant les chanteurs rivaux et la classe politique et le présentant comme le fer de lance d’un combat pour la justice et la dignité des habitants du Pendjab.

Mais il était aussi une figure controversée, accusé de glorifier les armes.  

Son meurtre a braqué les projecteurs sur le crime organisé au Pendjab, une importante voie de transit pour les drogues entrant en Inde depuis l’Afghanistan et le Pakistan.