Pentatone a déroulé le tapis rouge pour la soprano allemande Hanna-Elisabeth Müller. Après un premier album de mélodies et lieder avec piano sorti juste avant la pandémie, le label néerlandais lui a offert un programme Strauss avec l’Orchestre symphonique de la Westdeutscher Rundfunk (WDR) de Cologne sous la direction du vétéran Christoph Eschenbach.

Publié le 25 juin
Emmanuel Bernier Collaboration spéciale

La chanteuse de 37 ans, originaire de Mannheim (un des berceaux du classicisme allemand), est une mozartienne et une straussienne recherchée. Elle est notamment une habituée du rôle de Sophie du Chevalier à la rose et de celui de Zdenka d’Arabella.

Pour son enregistrement intitulé Sinnbild (Symbole), la soprano a choisi les incontournables mais redoutables Quatre derniers lieder du compositeur bavarois, mais également un assortiment de lieder plus ou moins connus. On entend ainsi les familiers Morgen et Ständchen, mais aussi des extraits de cycles ultérieurs plus rares.

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Verdict ? La chanteuse a sans conteste la voix pour chanter Richard Strauss. Tout semble facile. La voix est d’une remarquable souplesse et s’épanouit tant dans l’aigu que dans les registres plus graves. D’aucuns déploreront peut-être un occasionnel manque de rondeur, mais cela a néanmoins pour avantage de donner une indéniable personnalité à la voix.

Mais il y a un mais. Tout cela est très bien fait, mais un brin trop précautionneux. Pas que l’émotion soit totalement absente. Mais après avoir eu la chair de poule en écoutant les Quatre derniers lieder avec une Jessy Norman vibrant de tous ses pores ou goûté l’incomparable présence de Gundula Janowitz et d’Elisabeth Schwarzkopf, on reste un peu sur notre faim.

Idem avec l’accompagnement orchestral prosaïque de Christoph Eschenbach. Comparez seulement les plates premières mesures de son « Im Abendrot » avec celles de la version Janowitz/Karajan, gorgées d’un amour infini. Il y a un monde entre les deux. Il n’en est pas autrement avec Morgen, dirigé avec un déplorable désintérêt. Bref, la sauce ne prend guère.

Sinnbild : Strauss Songs

Musique symphonique

Sinnbild : Strauss Songs

Hanna-Elisabeth Müller, Christoph Eschenbach et l’Orchestre symphonique de la WDR

Pentatone, 2022