Otherness est une belle promesse en soi : un premier album en plus de 13 ans, comportant 10 nouvelles pièces signées Alexisonfire. Fort de toute l’expérience accumulée par ses membres, le groupe canadien revient avec un son qui n’a rien à envier à ses propositions passées.

Publié le 25 juin
Marissa Groguhé
Marissa Groguhé La Presse

La bande à Dallas Green et George Pettit a fait son petit bonhomme de chemin, chacun de son côté, ces dernières années – que ce soit avec les projets City and Colour, Dead Tired, Dooms Children ou You+Me. Plus de 10 ans après leur séparation et leur tournée d’au revoir, les cinq Ontariens se réunissent de nouveau au sein d’Alexisonfire, et c’est comme si rien n’avait changé.

La cohésion entre les voix des deux chanteurs est toujours aussi divine. Ces marqueurs si distincts permettent à ce nouveau disque d’Alexisonfire d’installer le confort de ce que l’on connaît. Instrumentalement parlant, la cadence est aussi familière, bien qu’une texture inédite s’ajoute aux compositions mélodieuses. On tombe par exemple sur un moment presque gospel sur Dark Night of the Soul ou sur une invasion de synthétiseurs en introduction de Survivor’s Guilt. Les tonalités sont tantôt lugubres, tantôt frénétiques, presque inhospitalières. D’autres fois, on est happés par un moment de musique céleste, cosmique même. La persévérance des riffs rend certaines pièces hypnotiques.

La parfaite Sans Soleil, troisième simple annonçant le retour d’AOF, est une preuve qu’Alexisonfire repose grandement sur le talent, la voix, la présence de Dallas Green. Sur cette chanson écrite par le guitariste Wade MacNeil, le chanteur de City and Colour mène la partition vocale. L’arrangement musical et l’interprétation de Green suffisent à en faire l’une de nos préférées du répertoire d’Alexisonfire.

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Un morceau comme Blue Spade nous rappelle aussi que l’amalgame de la voix mélodieuse et vive de Dallas Green et le chant tapageur de George Pettit forme ce que l’on apprécie le plus d’Alexisonfire. S’il se débrouille très bien seul, le premier voit sa performance élevée par celle du second.

Alexisonfire en avait encore à nous dire. Nous nous en réjouissons. Quel plaisir ce sera de voir cet album prendre vie en spectacle !

Alexisonfire sera au MTelus les 14 et 15 juillet, puis au Festival d’été de Québec le 16.

Otherness

Post-hardcore

Otherness

Alexisonfire

Dine Alone Records