L’auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet est mort d’une complication liée à son diabète non traité, « dans un contexte de consommation de méthamphétamine », indique le rapport de la coroner rendu public ce mercredi.

Mis à jour le 22 juin
Véronique Larocque
Véronique Larocque La Presse

Le corps du chanteur a été retrouvé dans son studio de musique, à Québec, plus de deux mois après la date estimée de son décès, selon le rapport de la coroner MSophie Régnière.

Vu l’état du corps lors de l’arrivée des policiers, Me Régnière évalue que le décès serait survenu le 15 novembre. Or, ce n’est que le 17 janvier dernier que la découverte a été faite à la suite d’un appel du propriétaire de l’immeuble au 911 après des plaintes formulées par des voisins.

Quelques semaines plus tôt, le 4 janvier, un membre de la famille Ouellet avait pourtant contacté le propriétaire en l’absence de nouvelles de Karim. « Le propriétaire a noté qu’il n’avait pas payé son loyer depuis deux mois sans s’inquiéter davantage », écrit Me Régnière.

Atteint de diabète de type 1, Karim Ouellet peinait à suivre ses traitements, souligne la coroner dans son rapport.

Dans ses dossiers médicaux, il est indiqué qu’il « connaissait bien sa condition et ses complications potentielles ». La coroner note aussi qu’il consommait de la cocaïne depuis 2019.

Admis à l'hôpital d'urgence en octobre

Il avait été hospitalisé à quelques reprises par le passé, dont deux fois en 2020 à la suite d’une acidocétose diabétique – une complication qui survient lorsque le corps manque d’insuline. La coroner note en effet dans son rapport que Karim Ouellet ne prenait pas son insuline de façon régulière.

Le 31 octobre dernier, le chanteur a été admis d’urgence à Hôtel-Dieu de Québec en hypoglycémie sévère et en état d’intoxication, apprend-on dans le rapport.

Malgré l’insistance des infirmières, il a refusé les traitements et a quitté l’établissement le jour même.

Le rapport de la coroner conclut que Karim Ouellet, qui était âgé de 37 ans, est mort d’une « acidocétose diabétique dans un contexte de consommation de méthamphétamine ». Les résultats des analyses toxicologiques indiquent « une concentration de corps cétoniques élevés ».

L’annonce de la mort de l’interprète de L’amour et de Rien ne sert de courir avait ébranlé le Québec en début d’année. De nombreux artistes avaient souligné son talent et sa grande humanité, dont sa sœur, Sarahmée, et son ami Claude Bégin. Tous les deux n’ont pas souhaité réagir à la parution du rapport de la coroner.

Un spectacle hommage à l’artiste, Bye bye bye Karim – La veillée des ami.e.s, a été présenté le 12 juin aux Francos.