Le Montréalais d’adoption Brad Barr poursuit son exploration introspective de l’americana avec The Winter Mission, un deuxième album instrumental qui fait suite à The Fall Apartment, paru en 2008 avant la formation des Barr Brothers avec son frère, le batteur Andrew Barr.

Publié le 22 janvier
Pierre-Marc Durivage
Pierre-Marc Durivage La Presse

On reconnaît bien sûr la touche sensible du guitariste, son affection transcendante pour son instrument et pour les sonorités bluegrass, folk et zydeco. Le parallèle avec son travail au sein des Barr Brothers est surtout perceptible sur Ancient Calendars, Untouchable Number et Prayer Beads, probablement les pièces les plus accessibles d’un album qui peut très bien servir de trame sonore à une soirée passée près d’un feu de foyer crépitant.

0:00
 
0:00
 

L’exploration attentive des textures sonores exprimées par Brad Barr vaut toutefois l’effort, quelques écoutes successives sont nécessaires pour découvrir toutes les subtilités de son jeu, que l’on sent très organique, la chaleur l’emportant sur la précision.

Cela rend sans doute le disque un peu difficile à sonder. Le sentiment s’explique quand on apprend que le guitariste américain a composé son album en puisant son inspiration du nombre 216, fort mystérieux aux yeux de Brad Barr. Il le voit partout, sur des cadrans, des plaques d’immatriculation, des planches de Ouija, des reçus, c’est aussi le nombre de coutures d’une balle de baseball. Baseball est justement le titre de l’une des bonnes pièces du disque, la plus blues. Bien d’autres morceaux de l’album font aussi référence au nombre 216, thème récurrent dans la vie du musicien depuis « un mémorable trip d’acide » à l’adolescence, peut-on apprendre dans le communiqué de lancement.

Que l’on se rassure toutefois, il est inutile de pousser l’ésotérisme aussi loin pour apprécier The Winter Mission, mais laisser son esprit vagabonder un peu à son écoute vaut certainement le coup.

The Winter Mission

Folk

The Winter Mission

Brad Barr

Secret City Records