Safia Nolin lançait jeudi à Montréal son mini-album SEUM. Cette soirée acoustique et intime devait être suivie d’un autre concert de lancement vendredi, aux Foufounes électriques, qui a dû être reporté. Compte rendu du spectacle de jeudi.

Publié le 18 déc. 2021
Marissa Groguhé
Marissa Groguhé La Presse

Deux guitares acoustiques, une voix, aucune amplification. C’est tout. Et c’est tout ce qu’il fallait. Pour son premier lancement montréalais (après deux spectacles à Québec), Safia Nolin avait convié son public jeudi soir à la magnifique chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Le décor était solennel, mais très vite, un sentiment de légèreté et d’intimité s’est installé. Malheureusement, il y avait aussi dans l’air une trop familière impression. Celle de vivre un moment qui ne se reproduira peut-être plus avant un bon moment.

Le concert affichait complet, les longs bancs d’église étaient pleins. Face à nous, dans le chœur de la chapelle, un foyer, des bougies disposées çà et là, un éclairage artificiel minimal. Lorsque Safia et son guitariste, Marc-André Labelle, sont arrivés sur scène, la foule a applaudi à tout rompre. Ce moment, le public en avait besoin encore plus, ce jour-là, et ça s’est senti dans sa réaction.

« Grosse journée ! » C’est ainsi que l’auteure-compositrice-interprète a décrit ce 16 décembre, et tout le monde a semblé bien d’accord. Plus tard, Safia dira qu’elle a voulu que ce spectacle soit un « safe space où la vraie vie n’existe pas ».

Les quelques centaines de personnes présentes jeudi ont pu se réfugier dans ce moment musical partagé, suspendu dans le temps.

Safia Nolin n’avait pas de micro, les guitares n’avaient pas d’ampli (« C’était écrit sur le billet ! », lancera-t-elle d’ailleurs à un spectateur lui demandant à la blague de jouer « plus fort »). Quand son guitariste et elle ont lancé la prestation avec la pièce Mourir au large, il a fallu un instant pour que nos oreilles s’habituent à devoir écouter, vraiment écouter. La délicate voix de la chanteuse portait juste assez, résonnant joliment dans l’enceinte, imposant le silence le plus complet dans l’auditoire.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Safia Nolin à son spectacle SEUM unplugged, jeudi soir

Les ombres des musiciens dansaient sur les hauts plafonds de l’église, traçant leur forme sur les impressionnantes fresques. Très vite, on s’est habitué à ne pas recevoir le niveau de décibels d’un spectacle amplifié, on a trouvé du réconfort dans la limpidité de la voix de la chanteuse, qui résonnait sans aide. Elle nous a interprété la version sunrise (acoustique donc) des chansons de son dernier mini-album (PLS, 1000, Personne), mais est aussi revenue à quelques autres titres de son répertoire.

Moment décalés, atmosphère décontractée

Pendant Noël partout, elle s’est déplacée dans les rangées de la chapelle, Marc-André derrière elle. L’envie de rire l’a fait s’interrompre quelques fois, le moment était un peu décalé et drôlement divertissant. Et cette atmosphère décontractée, sans flafla, a duré tout le temps du spectacle, où les chansons étaient entrecoupées de blagues, d’interactions, d’éclats de rire.

Quand elle a invité Claire Pommet (alias Pomme) à la rejoindre pour interpréter quelques chansons (dont White Christmas – c’est le temps des Fêtes après tout, même si c’était une « grosse journée »), leurs deux voix somptueuses, qui s’unissent si bien, ont créé un autre splendide moment.

Puis il n’est plus resté que quatre chansons, Safia nous a prévenus qu’il n’y aurait pas de rappel (pas de flafla, souvenez-vous). Lorsque le spectacle a pris fin, son public l’a remerciée par une ovation. Chacun s’en est allé certainement heureux d’avoir eu droit à une si belle conclusion à cette « grosse journée ».

Le spectacle prévu aux Foufounes électriques vendredi, remis en raison de la forte hausse de cas de COVID-19, aura lieu à une date encore à déterminer.