Il y a quelque chose de joyeusement radical dans ce nouvel album de Choses Sauvages, simplement intitulé II, qui arrive trois ans après un premier opus qui a connu du succès tant sur les pistes de danse que dans les listes d’écoute.

Josée Lapointe
Josée Lapointe La Presse

Toujours aussi dansant, mais poussant encore plus loin son exploration des sons et des claviers, le quintette de musique électronique n’y va pas de main morte avec ces 12 pièces assez longues – les 3 premières durent à elles seules 15 minutes, et l’album, plus d’une heure –, et dont plusieurs sont exclusivement musicales ou ne comptent que quelques phrases de texte.

Du funk au new wave au nu-disco, de la langueur (excellente Colosse, avec Laurence-Anne) à la frénésie (Araignée), entre le voyage spatial (Conseil solaire) et le règne de la machine de l’expressionnisme allemand (Homme-machine), avec des textes courts et oniriques ou plus longs et ancrés dans l’actualité numérique – Chambre d’écho ou l’inquiétante Dimensions, sur les délires conspirationnistes –, Choses Sauvages, mené par le chanteur Félix Bélisle, propose un album organique, foisonnant et quasi hypnotisant avec ses boucles et ses riffs de guitare qui se répètent à l’infini.

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Ce n’est pas pour rien qu’on y retrouve des extraits de La détente subliminale, disque qui a été fort populaire pendant les années 1980, avec la voix du DFrançois Borgeat. « Détachez tout vêtement trop serré / Et laissez-vous simplement aller à la musique » : cette phrase, qui se retrouve dans la pièce instrumentale La musique, semble en effet avoir été écrite pour eux tellement son tempo pousse au laisser-aller.

Avec cet album à la fois réfléchi et hautement divertissant – la pièce Face D, qui dure huit minutes et qui clôt l’album, parle à elle seule –, Choses Sauvages creuse tranquillement son sillon du côté du groove et du déhanchement, avec punch et panache, mais sans concession.

Choses Sauvages II

Électro-pop

Choses Sauvages II

Choses Sauvages

Audiogram

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