On voit de temps en temps des humoristes mettre le pied dans le monde de la musique. On pense à Patrick Groulx (et ses Bas Blancs) ou à Daniel Grenier (et ses Guerriers de la lumière). Des deux, le premier s’en tire plutôt bien, même quand il n’essaie pas de faire sourire, alors que le deuxième n’a jamais vraiment convaincu, surtout quand il n’essaie pas de faire rire.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Et puis voilà Laurent Paquin. Qui caressait depuis longtemps, dit-on, le rêve d’enregistrer ses chansons – pas des trucs comiques comme en 2012. Il en a couché 13 sur son disque Et faire comme si, dont une reprise d’une vieille et fort belle chanson de Plume, À même l’avis (intitulée À même la vie, sur l’album Triniterre) et La rue Rachel, tirée de la comédie musicale Pied de Poule. Il défend correctement celle de Plume, mais son autre interprétation montre clairement les limites du chanteur qu’il peut être.

Laurent Paquin le sait sans doute lui-même, il ne possède pas une grande voix et n’est pas un grand interprète. Son folk, teinté de country, n’a donc pas beaucoup de marge de manœuvre. Si ce n’était des arrangements adroits et bien tournés du réalisateur Éric Desranleau (Wonder-Trois-Quatre, Mes aïeux), ça tomberait probablement complètement à plat.

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Ce qui ressort, par contre, c’est la sensibilité de l’auteur qui vise juste ici et là avec de jolies images. On pense à : « Et espérer au bout du voyage/Où je pourrai, une heure/Me délester de mon bagage/À défaut d’y poser mon cœur » (Et faire comme si). Ces chansons montrent Laurent Paquin à cœur ouvert, préoccupé par le temps qui passe et la finalité de la vie, et dévoilent des paysages intérieurs teintés de gris. C’est parfois touchant, mais insuffisant.

Et faire comme si

Folk

Et faire comme si

Laurent Paquin

Big In the Garden/Amplitude/Propagande