Il est facile de trouver une parenté avec U2 en écoutant les chansons du groupe Inhaler. Oui, Elijah Hewson a une voix qui ressemble parfois à celle de son père, Bono. Son chant ample et empreint de ferveur, ainsi que ce penchant pour les airs qui sonnent comme des hymnes, fait aussi penser au plus célèbre groupe irlandais de la planète. Bref, on n’a pas à chercher bien loin pour faire des liens.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Sauf que de réduire Inhaler à ça serait malhonnête. Les influences d’Elijah Hewson et de ses amis dépassent largement le cercle familial. Leur manière emprunte aussi pas mal aux Strokes. On le remarquerait davantage si le jeune chanteur avait la voix aussi rauque que Julian Casablancas (le début de Cheer Up Baby, par exemple, le chant traînant de Who’s Your Money On ?). On entend aussi le fantôme de Joy Division, mais revu par Interpol, sans la voix grave de Paul Banks (My Honest Face).

Et puis ?

Même si ce jeune groupe n’est pas encore affranchi de ses modèles, il possède ce je ne sais quoi d’authentique qui incite à revenir à ses chansons accrocheuses, portées par un bagout et un charisme indéniables.

On pourrait dire qu’Elijah Hewson est allé à la bonne école. Ou, au contraire, qu’il a suffisamment de culot lui-même pour tracer sa propre voie.

It Won’t Always Be Like This ne se démarque pas par son propos, mais témoigne d’une assurance qui fait plaisir à entendre. Il y a dans ce disque une énergie communicative qui colle à l’oreille et donne de l’élan.

It Won’t Always Be Like This

Rock

It Won’t Always Be Like This

Inhaler

EMI

½