(Paris) Une seule ville sur la planète comptait samedi au cœur des vrais admirateurs de Jim Morrison : Paris.

Deborah Gouffran et Sylvie Corbet Associated Press

Cinquante ans après la mort du chanteur, ses fans se sont rassemblés au cimetière du Père-Lachaise où il est enterré. Plusieurs avaient apporté des bougies et des photos, d’autres faisaient brûler des bâtons d’encens sous le regard de policiers placés tout près.

« Jim et les Doors sont mes héros depuis que je suis petit. C’est un honneur d’être ici et célébrer le 50e anniversaire de sa mort », dit Dutuar Platzek.

Cet admirateur de 50 ans est venu de Halle, en Allemagne, avec son ami d’enfance Mathias Barthel. Tous deux n’étaient pas venus au Père-Lachaise depuis plus de 25 ans.

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Fred Verheijden (à gauche) et Hans van Schie avaient fait le voyage depuis les Pays-Bas.

Année après année, la tombe est un lieu de pèlerinage pour les fans de Morrison, connu pour les paroles sombres de ses chansons, ses pantalons de cuir, son regard d’acier et sa présence scénique. Il a grandement contribué au succès des Doors entre 1965 et 1967, co-écrivant notamment The EndRider of the StormPeople Are Strange ou Roadhouse Blues.

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Torsten Marquardt verse du whisky sur la tombe de Jim Morrison.

Michelle Campbell avait 21 ans lorsque Morrison est mort dans une chambre d’hôtel à Paris. Elle vivait alors au Texas et étudiait la photographie. Elle a vécu son premier « 3 juillet » en 1989. À cette époque, la stèle était immaculée et un admirateur avait sculpté une croix en bois.

Depuis, Mme Campbelle s’est installée dans la Ville-Lumière. Elle vient au Père-Lachaise presque chaque année pour photographier les admirateurs venus visiter la tombe. Plusieurs sont devenus des amis.

« C’est comme de voir des gens installés sur des canapés dans un appartement, plutôt que près d’une tombe. Ils parlent entre eux, dit-elle. C’est vraiment charmant. Je reviens autant que je peux, car c’est toujours si chouette. »

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Colleen Amblard n’a pas hésité à conduire pendant sept heures depuis Domancy, dans les Alpes françaises, pour venir visiter les lieux. « C’est très émouvant d’être ici, de se souvenir de Jim Morrison, de démontrer qu’il n’est pas oublié », lance l’étudiant âgé de 21 ans.

« Nous reconnaissons son talent et le fait qu’il était brillant. C’était vraiment un génie », ajoute-t-il.

À l’instar de nombreux admirateurs, M. Amblard avait l’intention d’aller visiter les autres endroits où Morrison passait le temps lorsqu’il vivait à Paris.

Jim Morrison était un fervent lecteur. Il a notamment été influencé par le philosophe Friedrich Nietzsche, le poète Arthur Rimbaud et le dramaturge surréaliste Antonin Artaud.

En 1965, étudiant le cinéma à UCLA, il co-fonda The Doors avec le claviériste Ray Manzarek. Ils ont ensuite recruté le guitariste Robby Krieger et le batteur John Densmore.

Le groupe publia six albums de 1967 à 1971. Le charisme magnétique du chanteur a été grandement remarqué lors de l’apparition du groupe à l’émission d’Ed Sullivan et lors d’un concert au Hollywood Bowl.

Toutefois, le chanteur sombra dans l’alcool. Deux fois, il fut arrêté pour des comportements outrageants sur scène. Il a été condamné pour grossière indécence et obscénité à la suite d’un concert à Miami.

Après avoir enregistré un ultime album avec The Doors, intitulé L.A. Woman, en 1971, il s’installa à Paris.

C’est dans la capitale française qu’il fut trouvé mort, dans sa baignoire, le 3 juillet 1971. Aucune autopsie n’a été pratiquée. Encore aujourd’hui, les causes de sa mort sont l’objet de débats.