Klô Pelgag présentera vendredi un « spectacle spectral » virtuel pour contrer le gris de la pandémie, dans lequel son univers et celui du réalisateur Baz se rencontrent de manière spectaculaire. Nous avons assisté au tournage, et nous leur avons parlé.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Tournage ambitieux

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Un plateau animé

Une vingtaine de figurants, techniciens et caméramans vêtus d’un équipement de protection jaune, des musiciens recouverts d’une combinaison couleur peau, poils inclus, des couleurs vibrantes partout : c’est un véritable choc visuel qui nous attend au studio Notre-Dame ce jour-là. Au milieu de ce chaos organisé, une Klô Pelgag à l’air heureux habillée comme une chanteuse du futur, et un peu partout Laurence « Baz » Morais, qui dirige ce qui ressemble vraiment à un plateau de cinéma – une bonne cinquantaine de personnes ont travaillé sur ce projet ambitieux.

Comme d’habitude, Klô Pelgag ne fait pas les choses à moitié. « Je voulais qu’on utilise l’occasion pour créer quelque chose hors de ce monde, un nouveau médium hybride, qui n’existe pas vraiment », nous a expliqué la chanteuse quelques jours plus tard par Zoom – la journée du tournage ayant été trop chargée pour faire une pause.

« D’habitude, je prends trois jours pour tourner un clip de trois minutes, explique Baz. Là, j’ai produit une heure et demie de contenu en une journée ! »

« C’était une journée de guerrier pour tout le monde », relate l’autrice-compositrice-interprète, qui a interprété une quinzaine de chansons, chaque fois dans un contexte différent avec au moins deux prises pour chacune.

L’énergie du live

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La neige tombe sur Emmanuel Schwartz et les figurants.

« Avoir des idées, c’est le plus difficile, mais encore faut-il y tenir et les faire aboutir. » Klô Pelgag a trouvé en Baz, avec qui elle travaille depuis longtemps, son alter ego capable de mener à terme les projets les plus fous. « C’est une collaboration, confirme le réalisateur. Mes délires fittent avec les siens, ils cohabitent bien. On a un bon diagramme de Venn professionnel ! »

Les deux créateurs partageaient le même désir de se mettre en danger. Ainsi, lors de notre passage, on a pu voir, dans une scène tournée avec le comédien Emmanuel Schwartz pour la chanson Insomnie, un mur se faire défoncer et de la neige tomber.

« On a voulu reproduire l’énergie d’un live, même si on sait qu’un show au Club Soda, ça ne se reproduit pas, explique Baz. Notre pari, c’était de dire : ‟OK, on ne peut pas faire vivre quelque chose directement au public, mais au moins, nous allons vivre quelque chose à l’intérieur de ça.” »

Klô Pelgag a aussi reçu de la pluie sur elle pendant qu’elle chantait, puis volé… « J’ai vécu des choses que je n’avais jamais vécues, et je ne savais pas comment j’allais réagir ! Même dans mon interprétation, ça se rapproche du live, et on voulait garder cet aspect imparfait. Pour que ça ne sonne pas comme sur l’album. »

Colorer le monde

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Baz et Klô Pelgag

« On a voulu se servir de cette pandémie, de cette apocalypse dans notre milieu, pour tenter de faire ressurgir quelque chose de positif, au meilleur de nos capacités, explique Klô Pelgag. J’essaie de le voir comme ça, c’est pour ça que ça me rend heureuse. »

D’où l’orgie de couleurs, les excès, la folie contagieuse, tout ça bien sûr au service de la richesse du répertoire de l’artiste. « Quand on a commencé à penser à tout ça en janvier, on n’en pouvait plus de la deuxième vague, des pubs de COVID…, se rappelle Baz. On s’est dit : on peut-tu vivre autre chose, être positif, lumineux ? Ce n’est pas pour rien que le thème du spectacle est Vivre. »

S’il y a des clins d’œil à la pandémie, l’ensemble est surtout porté par une volonté d’apporter un souffle d’air frais.

« Ç’a été tellement lourd comme année qu’on avait presque de la difficulté à respirer normalement, souligne Klô Pelgag. On s’ennuie de vivre des surprises… et ce show en est rempli. »

Retour sur scène

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Klô Pelgag s’est concentrée sur chaque interprétation.

La majorité des chansons sont tirées du plus récent album de Klô Pelgag, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, qui est sorti en pleine première vague, en juin 2020. L’année a été crève-cœur pour la chanteuse. « À un moment, tout ce que je voulais, c’est l’occasion de présenter au moins une fois mon spectacle ! »

Elle a réussi à en donner trois devant public, fin février, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ce qui lui a insufflé une dose d’énergie qui la suit encore. « Ça m’a fait vraiment du bien et j’y pense encore avec le sourire. »

En ce moment, happée par plein de projets, elle va mieux, mais n’a pas d’attente quant à un vrai retour sur scène. D’où l’importance de ce spectacle virtuel.

« Ça me prenait un projet où je pouvais dire : ça va avoir lieu, peu importe ce qui se passe dans le monde. Le show virtuel, c’est ça, il résiste et il survit, et ça me comble pour le moment. »

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