(Toronto) Rufus Wainwright pense que 2021 pourrait enfin être son année.

David Friend
La Presse Canadienne

Ayant reçu de nombreux éloges tout au long de son illustre carrière, il manque toujours à l’auteur-compositeur-interprète canadien un symbole clé de la réussite musicale : un prix Grammy.

Rufus Wainwright a été nommé une fois, mais n’a pas mis la main sur le trophée. Cela pourrait toutefois changer avec sa deuxième nomination si la Recording Academy, qui organise le gala, vote en sa faveur.

La cérémonie des Grammy aura lieu le 14 mars plutôt qu’à la fin janvier comme initialement prévu, en raison de la pandémie de COVID-19.

« Je pense que chez les membres de l’Académie, on pense, en général, que je devrais avoir un Grammy », a récemment avancé le musicien par téléphone depuis sa maison à Hollywood Hills.

« Mais c’est encore peu probable […] Si je ne gagne pas, je ne serai pas dévasté. »

Rufus Wainwright fait face à de « gros frappeurs », comme il les décrit lui-même, dans la catégorie du meilleur album pop traditionnel. Son album Unfollow the Rules sera opposé à des disques de Burt Bacharach, Harry Connick Jr., James Taylor et la bande originale du film sur Judy Garland, Judy, chantée par Renée Zellweger (qui inclut une chanson de Noël de Rufus Wainwright).

En 2009, son propre album hommage à Judy Garland avait été nommé dans la même catégorie pop traditionnelle, mais il n’avait pas remporté le prix. Ce fut plutôt la regrettée Natalie Cole qui avait été honorée, après avoir rendu public son diagnostic d’hépatite C l’année précédente.

« Je m’étais dit : “Eh bien, on oublie mon Grammy” », se souvient Rufus Wainwright.

« J’ai en quelque sorte oublié celui-là. Je dirais que pour celui-ci, je suis un peu plus attentif. »

La course pour la victoire implique souvent des campagnes en coulisses, qui, sans la pandémie, pourraient inclure des apparitions publiques et des déjeuners avec des membres de l’industrie. De nos jours, la plupart de ces efforts se déroulent dans un monde virtuel, ce qui permet à Rufus Wainwright de briller un peu plus facilement.

« On n’est pas obligé de jouer au jeu, a-t-il dit, mais j’ai tendance à l’apprécier de manière éphémère. »

En plus de sa quête pour un trophée, Rufus Wainwright a récemment lancé un enregistrement pour Audible Original intitulé Road Trip Elegies : Montreal to New York.

L’aventure audio de trois heures et demie le voit se lancer dans un « road trip » aux côtés de son psychologue, à l’automne 2019, où il réfléchit au bonheur et aux obstacles de son passé. Certaines de ces expériences impliquent sa défunte mère, la chanteuse folk canadienne Kate McGarrigle, tandis que d’autres plongent dans les subtilités de la création artistique. Les anecdotes souvent franches sont parsemées de chansons que Rufus Wainwright a interprétées dans une salle de Los Angeles.

L’idée est née après que Rufus Wainwright eut entendu qu’Audible « recherchait du contenu et était très généreux » avec ses offres.

Il a suggéré de recréer les « conversations vraiment intéressantes sur l’histoire, la culture et la mythologie » qu’il a eues avec son psychologue au cours des séances passées sur le canapé, mais de les partager dans un endroit moins stagnant. Ils ont donc sauté dans une voiture et sont partis en voyage ensemble.

« C’est un lien incroyablement privé entre un psychologue et son patient », a noté Rufus Wainwright.

« Mais je lui ai assuré dès le départ que c’était vraiment centré sur moi. Ses paroles ne seraient presque jamais entendues, ce qui est véritablement le cas. »

Coincé en quarantaine, l’artiste a puisé dans cette créativité en « écrivant sans cesse », l’un des rares avantages qui lui ont permis de se concentrer pendant cette terrible période.

« Ce sont d’excellentes occasions pour vraiment commencer à cartographier un grand projet. Parce qu’il faut de toute façon cinq ans pour faire démarrer ces choses », a-t-il indiqué.

« J’aimerais écrire une pièce de théâtre ou un film musical […] Il y a des trucs vraiment intéressants qui se profilent à l’horizon pour moi. »