Premier poulain anglo des Disques 7e ciel, que la major Universal Music a récemment pris sous son aile, Zach Zoya a sorti vendredi dernier son premier mini-album solo. Spectrum fait la démonstration de sa polyvalence et représente une marche gravie de plus sur son chemin « vers le sommet ».

Publié le 2 nov. 2020
Marissa Groguhé
Marissa Groguhé La Presse

Dès qu’il a débarqué sur la scène hip-hop montréalaise, Zach Zoya s’est lancé à la conquête du monde. S’il a pu montrer de quoi il était capable avec le mini-album Misstape, sorti en 2018 en collaboration avec le prodige High Klassified, c’est maintenant en solo (et en grande pompe) qu’il lance Spectrum.

Ce mini-album est le point de départ d’un ensemble de projets qui lui permettront de se présenter, puis, idéalement, de se démarquer sur le marché international. « Je le considère comme le premier de plusieurs EP qui vont mener à l’album, explique Zach Zoya. L’idée, c’est de montrer l’étendue de ce que je sais faire avant de lancer un album. »

La vie est imprévisible, la période actuelle nous le prouve quotidiennement (Spectrum devait d’ailleurs sortir au printemps dernier, mais la pandémie a forcé le report de la parution). S’il sait que ses projets peuvent être appelés à changer, Zoya est à la fois prêt à mettre son plan à exécution et paré à toutes les éventualités.

Il présente ces jours-ci un mini-album de six titres où le rap et le R & B sont maîtres. « C’est une collection de chansons que j’avais en banque. J’ai regardé dans mon catalogue et trouvé ce qui pouvait bien représenter ce que je veux dire, les chansons qui ont la bonne couleur pour représenter la mosaïque que je veux montrer », dit-il.

Cette idée de « mosaïque », qui revient souvent au cours de l’entretien, se rapporte à l’envie de « ne pas rester pris dans une boîte », explique-t-il.

Si tu commences en rap et que tu as une chanson successful, les gens ont tendance à attendre de toi que tu continues avec du rap. Je veux établir que je vais faire plusieurs choses, pour que le monde ne soit pas étonné si je sors un album complet plus pop ou plus R & B.

Zach Zoya

Cette première collection de chansons représente ainsi ses champs d’intérêt musicaux, mais aussi toute la gamme de ses émotions. Chaque pièce est dotée d’une énergie qui lui est propre, de la très personnelle Patience à l’explosive et amusante Slurpee.

« Mettre les bouchées doubles »

Avant même de se mettre à rapper, c’est en chantant que le natif de Rouyn-Noranda s’est découvert un intérêt pour la musique. Déterminé à entrer dans le milieu du hip-hop québécois avec ses raps ingénieux, il s’est rapidement rendu compte qu’il avait plus à offrir. « Quand j’ai commencé à enregistrer des chansons plus mélodiques, j’y ai pris goût et j’ai su que je ferais plus de choses comme ça », raconte-t-il.

Quand vient le temps de traduire ses idées en chansons, Zach Zoya peut compter sur des producteurs de talent. « Je ne suis que vocaliste. Tout ce que j’amène, c’est ma voix et mon écriture. Pour véhiculer ce que je veux communiquer, je dois toujours travailler avec quelqu’un d’autre, au moins un beatmaker, dit-il. Ces deux dernières années, je suis allé dans plein de studios avec des gens différents. C’était important quand je choisissais les couleurs de ma mosaïque. »

Il s’est d’abord tourné vers son partenaire des dernières années, le Parisien Bougo, qui a produit deux chansons sur Spectrum. « C’est mon beatmaker, mon DJ sur scène, mon go-to guy pour faire de la musique quotidiennement. Il aura tout le temps des beats à me sortir », lance Zach Zoya.

Les Montréalais Ruffsound, NeoMastro, Drtwrk signent également des productions de Spectrum. Matthew Burnett, établi à Toronto, a quant à lui créé Patience, la seule chanson de l’album sur laquelle Zach Zoya a travaillé après que le projet du mini-album eut été lancé. Une chanson portant sur la « quête du succès » de l’artiste, où il dit notamment que son ego est son « pire ennemi ».

Il y a beaucoup de gens autour de toi qui peuvent te nuire […], mais at the end of the day, mon pire ennemi pourrait être le fait de me dire que j’en ai assez fait, que je n’ai plus rien à prouver à personne.

Zach Zoya

Fini le temps où l’artiste de 22 ans était serveur dans un bar. Zach Zoya vit désormais de sa musique, mais il ne tient rien pour acquis. « J’ai le privilège et le luxe de ne pas avoir à dépenser de l’énergie sur un 9 à 5 pour faire ce que j’aime vraiment, observe-t-il. Je peux mettre toute mon énergie à faire de la musique. »

PHOTO FOURNIE PAR UNIVERSAL MUSIC CANADA

Pochette du mini album Spectrum de Zach Zoya

Alors que la maison de disque Universal Music prend désormais part à la promotion de sa musique pour l’extérieur du Québec, Zoya est sur une lancée.

« On a une magnifique fenêtre sur le monde, c’est le temps de mettre les bouchées doubles, dit-il. J’ai ce poids-là sur les épaules, je me dis que tout ça ne peut pas être pour rien. »

Maintenant que Spectrum est sorti, rien n’est certain avec la pandémie. Mais Zach Zoya garde le moral. « Je continue de faire de la musique, dit-il. Ensuite, je ne sais pas, on va voir. Je suis extrêmement optimiste. Jusqu’ici, c’est que du bon ! »

Hip-hop. Spectrum. Zach Zoya. Universal Music Canada.