Quand Sufjan Stevens chante Run Away With Me, titre d’une pièce de son nouvel album The Ascension, on a envie de tout plaquer et de fuir avec lui.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Maître dans l’art de toucher nos cordes sensibles (ses chansons pour le film Call Me By Your Name étaient belles à pleurer), Sufjan Stevens dévoile The Ascension cinq mois après la parution de l’opus (essentiellement expérimental et instrumental) Aphoria, écrit avec Lowell Brams, qui a partagé sa vie avec sa défunte mère et qui est pour lui une figure paternelle (comme le témoignait l’album Carrie & Lowell).

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The Ascension, huitième album officiel de Stevens, sort alors que les États-Unis sont déchirés. La pièce finale, America, dure 12 minutes. Sufjan Stevens y relate, tel un chagrin d’amour, le « désastre » qu’est en train de devenir sa patrie. Or, on sait à quel point il affectionne son pays, comme en témoignaient ses albums concepts Michigan et Illinois, qui datent de 2003 et 2005… une lointaine époque, pour ainsi dire.

PHOTO FOURNIE PAR ASTHMATIC KITTY RECORDS

Pochette de l’album de The Ascension, de Sufjan Stevens

Musicalement, The Ascension s’avère plutôt électro, dans les eaux de The Age of Adz, sorti il y a 10 ans déjà. On y retrouve beaucoup de mélancolie et de désillusions et même de grandes zones d’ombre (Die Happy, Death Star), mais Sufjan Stevens a un talent unique pour se montrer à fleur de peau et pour tisser des toiles mélodiques oniriques.

The Ascension est une véritable décharge émotionnelle. Ce n’est pas joyeux, mais c’est de toute beauté.

★★★★

Électro alternatif. Sufjan Stevens. The Ascension. Asthmatic Kitty Records.