Peinant à décrire sa réalité de tennisman professionnel, le Canadien Denis Shapovalov a trouvé comment le faire par la musique.

John Chidley-Hill
La Presse Canadienne

L’athlète de Richmond Hill, en Ontario, a lancé son deuxième simple vendredi, un rap en français et anglais sur lequel participe également un autre joueur de l’ATP, Corentin Moutet, qui s’intitule Drip. La chanson fait suite à Night Train, parue le 3 août et qui raconte sa vie sur la route.

« Je trouve que c’est la meilleure façon de montrer aux gens qui vous êtes réellement, a dit Shapovalov de sa musique. Même actuellement, ma vie est constamment en mouvement ; je suis constamment en transit entre différentes villes. »

Shapovalov a atteint les quarts de finale du Masters de Rome à l’aide d’une victoire en trois manches contre le Français Ugo Humbert, jeudi. Le Canadien et son partenaire indien Rohan Bopanna se sont ensuite inclinés en quarts de finale en double contre le duo français de Jeremy Chardy et Fabrice Martin.

Après avoir atteint les quarts de finale des Internationaux des États-Unis, il a atteint le 14e rang au classement mondial. Dès dimanche, il était à Rome pour se préparer pour l’Omnium d’Italie.

« Comme je le dis dans Night Train, ça n’arrête jamais. Je travaille toujours à réaliser mon rêve. Depuis mon tout jeune âge, c’est un travail incessant et je ne peux prendre de pause. C’est constant, chaque jour. C’est le message que je voulais véhiculer avec la chanson. »

Shapovalov a expliqué avoir commencé à écrire des paroles de chansons il y a plus de trois ans. Maintenant, il écrit dès que des paroles lui viennent en tête, que ce soit dans l’avion, en voiture, ou dans sa chambre d’hôtel. Il n’avait pas eu le temps d’enregistrer quoi que ce soit avant que la pandémie de COVID-19 ne force le tennis à prendre une pause.

Confiné à domicile, Shapovalov s’est construit un studio d’enregistrement et a collaboré avec le producteur DJ Mad Linx, qui est aussi chroniqueur tennis pour ESPN, en plus d’avoir fait retravailler la piste par Luke Leveille, qui a collaboré avec Drake.

« (DJ Mad Linx) est un bon ami à moi que j’ai rencontré sur le circuit, a indiqué Shapovalov. Il m’a aidé à la production. Virtuellement, évidemment, puisque c’était pendant la pandémie. Nous avons passé beaucoup de temps en vidéoconférence à discuter des paroles, de ce que nous allions mettre dans la chanson. Ç’a été très amusant de travailler avec lui. »

Shapovalov, dont la plus grande influence musicale est le rappeur d’Oakland G-Easy, était heureux d’enregistrer une chanson avec Moutet. Le Français a impressionné Shapovalov avec sa capacité de pondre rapidement des textes.

« En écoutant certains des trucs qu’il m’envoyait, je me disais que c’était malade, a dit Shapovalov du processus de coécriture de Drip. Je me disais que ce serait bien d’avoir une chanson où on retrouve une atmosphère créée par des passages en français et en anglais. »

Shapovalov ne sait pas quand il aura le temps d’enregistrer une autre chanson, mais il veut retourner en studio.