On ne peut pas dire que Gregory Porter n’a pas fait les choses en grand : il a remporté un Grammy dès son premier album, Water, paru en 2010, et mène depuis une carrière remarquable et remarquée, alignant les albums de bon goût. Il en ajoute un de plus avec All Rise.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Qu’il mette de l’avant son propre répertoire ou des chansons associées à un autre (Nat King Cole, à qui il a consacré un hommage en 2017), tout lui semble facile. Sa voix chaleureuse mord dans la soul, effleure la pop et caresse le jazz avec aisance et, en plus, avec l’élégance de ceux qui savent ne pas en faire trop.

Extrait de Revival de Gregory Porter

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If Love Is Overrated, romantique à souhait, est — osons le cliché — un classique instantané. Ses arrangements, son dépouillement et sa justesse renvoient justement à un âge d’or de la chanson américaine qui n’est plus d’un autre temps, juste intemporel. La patine de presque tous les morceaux fait très vintage (cordes, groove, Fender Rhodes, etc.), qu’il s’agisse de pièces fougueuses (Revival, enlevante) ou d’une ballade comme Faith in You.

IMAGE FOURNIE PAR BLUE NOTE

All Rise

Rien n’est forcé, ici. Rien n’est tape-à-l’œil. Ce n’est jamais mielleux, même au plus doux de la tendresse. All Rise est une affaire de sophistication et de virtuosité vraie. Gregory Porter n’y apparaît d’ailleurs pas seulement comme un chanteur remuant, mais comme un conteur au phrasé souple et polyvalent. La grande classe, quoi.

★★★★

SOUL/POP. Gregory Porter. All Rise. Blue Note.