Braids, dont les membres calgariens sont installés à Montréal, propose un quatrième album en près d’une décennie, Shadow Offering. À un rythme constant, le trio a offert des produits de qualité. Il aura fallu cinq ans cette fois avant ces retrouvailles plutôt exquises.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Après une première piste atmosphérique, Here 4 U, bien ancrée dans la dreampop qu’on connaît au groupe, la seconde fait appel aux codes de la pop synthé des années 80. L’idée sera reprise ensuite. La chanson Young Buck et plusieurs des suivantes offrent un amalgame intéressant de l’organique (dominant) et de l’électronique.

Les installations mélodiques et les envolées rythmiques tombent chaque fois, ou presque, en plein dans le mille. Elles se conjuguent à l’habileté vocale incontestable de Raphaelle Standell-Preston, qui fait écho avec sa voix à l’émotion des ingénieuses lignes de guitares ou de synthétiseur.

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Shadow Offering n’est pas toujours facile à écouter ; quelques titres brisent un peu le rythme. Sur neuf chansons, ce n’est le cas que d’une minorité de pièces. La grande majorité, elle, surprend positivement.

Par exemple, Eclipse (Ashley), qui se révèle au fil de ses presque cinq minutes comme l’une des plus poignantes chansons de l’album. On a alors affaire à un travail mélodique et lyrique engageant, qui se poursuit avec Just Let Me, plus modeste, mais tout à fait réussie.

IMAGE FOURNIE PAR SECRET CITY RECORDS

Shadow Offering

Fear of Men, épopée électro qui se transpose en rock alternatif, figure également parmi les plus convaincantes. Elle précède Snow Angel, longue de neuf minutes, où Raphaelle Standell-Preston aborde à peu près tous les sujets sociaux sous le soleil, de l’environnement au privilège blanc en passant par la technologie, la surconsommation et la maternité en temps de crise climatique. Elle se remet en question, se permet un passage complètement parlé à mi-chemin. La chanson installe un certain chaos, où la mélodie n’est plus toujours mélodieuse et où la voix de la chanteuse n’est plus si maîtrisée. Le résultat est des plus intéressants et cette exploration met en lumière l’assurance nouvelle du groupe.

Ocean (magnifique) et Note to Self (qui offre une toute dernière envolée) calment le jeu, et viennent clore ce ravissant opus de 45 minutes en beauté.

★★★½

Pop. Shadow Offering. Braids. Secret City Records.