Avec près de 400 000 abonnés sur Instagram et plus de 200 000 sur sa chaîne YouTube, Alicia Moffet est une réelle star des réseaux sociaux. Mais c’est aussi une chanteuse, qui sortira vendredi son premier album avec l’objectif avoué de faire voyager sa musique à l’étranger. Discussion avec une jeune femme qui sait où elle va.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

On l’a connue encore adolescente lors de la troisième saison de La voix – membre de l’équipe de Marc Dupré, elle s’était rendue jusqu’à l’étape des demi-finales. À 21 ans, Alicia Moffet est encore jeune, bien sûr, mais elle affirme avoir eu le temps d’apprendre à se connaître, et lance enfin l’album dont elle a toujours rêvé.

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« Ça fait longtemps que j’ai hâte à ce moment », nous dit la jeune maman – le titre de son album, Billie Ave., porte d’ailleurs le nom de sa petite fille.

« Mais je ne regrette pas d’avoir pris du temps. Ça m’a permis de définir quel genre d’artiste je suis. Et là, je sors cet album, c’est vraiment moi, ça me ressemble tellement. »

Elle l’avoue, les années qui ont suivi La voix n’ont pas été super faciles : elle s’est cherchée un peu beaucoup et a vécu une « écœurantite » de la musique qui a duré deux ans. « Quand j’ai arrêté, honnêtement, j’étais confuse. Je ne savais pas par où commencer pour devenir Alicia Moffet. Je ne connaissais rien, j’avais 16 ans… Il y a les faux espoirs aussi. C’était énorme, un tourbillon, mais le plus dur, c’était la peur de tomber dans l’oubli. Tu t’attends à quelque chose et quand ça redescend, ça peut être surprenant. Ça m’a fait de la peine, mais j’ai pris le temps de prendre de la maturité. »

C’est sur les réseaux sociaux que la jeune femme a pu mieux se définir, « sans jouer de game », en étant seulement elle-même. Elle s’est monté ainsi un public « super fidèle », qui est aussi au rendez-vous chaque fois qu’elle sort une nouvelle chanson. Elle a accumulé des centaines de milliers de vues sur YouTube pour ses clips autant que des millions d’écoutes sur Spotify, où elle cartonne seule ou en duo : la chanson Ciel, qu’elle a faite avec le rappeur FouKi, a atteint les 4 millions en moins deux mois.

Les gens ont hâte à ma musique parce qu’ils m’aiment, moi. Tout a bien coulé.

Alicia Moffet

Plus chanteuse ou plus influenceuse, Alicia Moffet ? Elle s’attendait à la question, ne s’en offusque pas. Si elle se considère « à 100 % comme une chanteuse », pour elle tout reste lié.

« Je suis une artiste, j’aime toucher à tout, j’aime tout ce qui est art. Et pour moi, les réseaux sociaux, c’est de l’art, c’est une grosse affaire à maîtriser pour les gens qui ne comprennent pas ça ou qui pensent que ce n’est pas une job. Mais c’est tout un monde et j’adore ce monde, communiquer, parler aux gens qui me suivent, avoir leur opinion. »

Mais le « noyau » d’Alicia Moffet reste le chant. « C’est ancré en moi, je chante depuis que je respire, c’est même pas des jokes. C’est sûr que j’aime mieux qu’on me décrive comme une autrice-compositrice-interprète que comme une youtubeuse. Je le suis aussi, mais c’est juste une corde à mon arc. »

Carte de visite

Avec un premier album plus soul que purement pop – « J’aime la pop, mais ce n’est pas ce que j’aime performer, je préfère les chansons à voix plus émotives et c’est ce que mon public aime de moi, ma vulnérabilité » –, Alicia Moffet vise loin et haut. Réalisé par le producteur et DJ britannico-canadien BYNON, écrit en collaboration avec plusieurs artistes dont Jonathan Roy, Soran et Milk and Bone – « C’est pour aider à avoir plus d’idées, mais toutes les chansons sont de moi, j’ai été là pendant tout le processus » –, Billie Ave. est pour elle surtout une carte de visite, une première étape en attendant la suite. Et quelle est-elle, cette suite ?

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Je sais que je veux que ma musique sorte du Québec. Ç’a toujours été mon objectif. Depuis que je suis jeune, mon influence a toujours été la musique américaine. Céline Dion est aussi une grande inspiration : pour moi, c’est juste normal de vouloir aller à l’international.

Alicia Moffet

La chanteuse fera bien sûr un lancement virtuel de son album – elle sera la première à utiliser la plateforme Yoop. Depuis qu’elle en a fait l’annonce il y a une semaine, plus de 2000 billets ont été vendus. Si elle a été obligée de réviser ses plans, il n’était pas question pour elle de retarder la sortie d’un projet sur lequel elle travaillait depuis si longtemps « pour une pandémie qu’on n’a aucune idée quand ça va finir ».

En attendant les performances live, elle prépare donc ce spectacle qui sera présenté en direct de la salle Wilfrid-Pelletier le jeudi 25 juin, « sans fla fla, cosy, à mon image ». « Je l’ai produit au complet, c’est beaucoup de travail, mais il était hors de question qu’on ne fasse rien. »

Quand on regarde le contrôle qu’elle a sur sa carrière – elle a aussi produit son album – et tout le chemin qu’elle a déjà parcouru, on a parfois l’impression qu’Alicia Moffet est plus vieille que ses 21 ans. Elle en est consciente.

« C’est vrai que d’une perspective extérieure, j’ai l’air rendue à une bonne place pour 21 ans. Même moi quand je regarde derrière, je fais wow, j’ai vraiment accompli beaucoup de choses. Mais quand je regarde en avant et où je veux aller, je me dis : ah, ça ne va pas assez vite ! »

> Consultez la plateforme Yoop

IMAGE FOURNIE PAR LES PRODUCTIONS ALICIA MOFFET INC.

Billie Ave., d’Alicia Moffet

Billie Ave. Un album soul-pop d’Alicia Moffet. Productions Alicia Moffet Inc.