On a connu Laurence Hélie au début des années 2010, chantant en français un country-folk de grande qualité. Complètement transformée, l’autrice-compositrice-interprète est de retour plusieurs années plus tard sous le nom d’artiste de Mirabelle, et propose maintenant une pop alternative en anglais — la langue dans laquelle elle a appris à chanter —, mais de tout aussi haut niveau.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Dans Late Bloomer, on retrouve évidemment la voix très juste et profonde de la chanteuse, avec peut-être une couche d’émotion de plus —, mais c’est à peu près tout ce qui la rattache à son passé dans cet album de 10 chansons qu’elle a coréalisé avec Warren C. Spicer (Plants and Animals).

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Loin de la guitare et des arrangements plus pop-rock, l’épais tapis de synthés analogiques opérés par Christophe Lamarche-Ledoux, les sons répétitifs qui graduent par demi-tons, l’enrobage électro qui rappelle les années 90, ainsi que les basses très basses, créent ici une ambiance légèrement angoissante, une tension qui étrangement permet aux chansons de s’envoler.

IMAGE TIRÉE DU WEB

Pochette de l’album Late Bloomer, de Mirabelle

Le tout sied bien à la poésie mystérieuse aux relents d’adolescence de Mirabelle, à sa mélancolie assumée et à ses mélodies atypiques : on est ici dans un monde onirique, enveloppant et extrêmement riche, et c’est un bonheur d’y entrer, même si c’est plus triste ou douloureux par moments. Comme la vie.

★★★½

Pop alternative. Late Bloomer. Mirabelle. Simone Records.