Il y a 20 ans, Jim Ward était l’un des piliers d’At the Drive-In, l’un des groupes phares de la scène post-hardcore. Mais après l’immense Relationship of Command  – certainement l’un des meilleurs albums rock du siècle actuel —, Ward s’est mis à jongler avec différentes influences, qu’il essaie de faire cohabiter sur Trust the River, le quatrième disque de Sparta, ressuscité après une pause de 14 ans.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

Pendant que Cedric Bixler-Zavala et Omar Rodríguez-López partaient s’éclater avec leur très progressif projet The Mars Volta, Ward choisissait d’abord de poursuivre la mission musicale d’At the Drive-In en formant Sparta. Quelques années plus tard, le guitariste-chanteur d’El Paso allait explorer l’americana avec Sleepercar en plus d’offrir un album solo 100 % folk.

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Essayer de marier ses origines hard avec ses expériences récentes beaucoup plus posées n’était donc pas une mince affaire et on se doit de reconnaître que Ward y est parvenu avec Trust the River. On passe sans trop d’effort du brûlot punk Cat Scream au folk rock de Turquoise Dream, on n’a pas l’impression d’être éjecté du véhicule pendant qu’il négocie son virage. En fait, c’est la pièce suivante qui déstabilise le plus, mais c’est aussi la meilleure du disque. À la fois belle et troublante avec un texte sombre composé et chanté en duo avec Nicole Fargo, Spirit Away pousse Ward une octave plus grave, dans un registre qu’on aimerait le voir exploiter davantage.

PHOTO FOUNIE PAR DINE ALONE RECORDS

Trust the River, plus récent album de Sparta

L’album se termine avec Miracle, Empty Houses et No One Can Be No Where, qui, bien qu’agréables à l’oreille, n’arriveront pas à convaincre de conserver Trust the River sur notre liste d’écoute bien longtemps. Mais le résultat est suffisant pour que l’on soit à l’affût des prochaines offrandes de Ward.

★★★

Rock. Trust the River. Sparta. Dine Alone Records.