(Rome) Le coronavirus les prive de sorties, de café au comptoir et de Calcio, mais les Italiens continuent de chanter et de jouer de la musique, à leur fenêtre ou au balcon.

Agence France-Presse

À 18 h locales, sur les réseaux sociaux, ils avaient été appelés à sortir leur instrument de musique et à donner de la voix pour que « pendant quelques minutes, (le) pays ne soit qu’un immense concert ».

Et ils ont répondu présents, entonnant ici de la variété là l’hymne national Fratelli d’Italia, en couple ou enfant dans les bras, sourire aux lèvres ou doigt tendu vers les voisins parfois.

À Trastevere, des riverains avaient choisi une chanson de variétés des années 1990, Grazie Roma : « Dis-moi ce qui nous fait sentir être amis même si nous ne nous connaissons pas », « ce qui nous fait sentir être ensemble même si nous sommes loin ». D’une fenêtre du même quartier romain d’ordinaire dédié à la fête, s’échappent quelques notes hésitantes de Summertime, de Gershwin.

Sur les réseaux sociaux, rendez-vous est déjà pris pour samedi, même heure mêmes balcons. Et ce devrait être Azzurro d’Adriano Celentano qui devrait descendre des fenêtres des villes italiennes.

Sur les réseaux sociaux fleurissent depuis quelques jours des vidéos, filmées dans toute l’Italie, d’Italiens décidés à continuer à chanter malgré le bilan chaque jour plus lourd de la pandémie de coronavirus, qui a tué près de 1300 d’entre eux, 250 vendredi encore selon le dernier bilan.

Dans une de ces vidéos, filmée à Sienne en Toscane, vue des centaines de milliers de fois sur Twitter, des résidents entonnent le traditionnel Canto della Verbena, ponctué d’un tonitruant « Vive Sienne ! ».

PHOTO ANDREAS SOLARO, AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur son compte Instagram, le chanteur Andrea Sannino a posté une compilation de Napolitains reprenant depuis leur fenêtre son morceau Abbracciame (Embrasse-moi), les remerciant : « Un jour, je raconterai cela à mes enfants et à mes petits-enfants », « Merci de me faire pleurer à gros sanglots ».

À Turin, des habitants sont filmés en train de s’essayer à une Macarena, cette danse de groupe des années 1990.

Tous les événements culturels ont été suspendus. Mais des artistes ont promis des concerts virtuels, et des musées, comme les Offices de Florence ou le Guggenheim de Venise, ont mis leur collection en ligne, tout comme l’exposition phare sur Raphaël à Rome.

Répondant à une autre initiative très partagée sur les réseaux sociaux, des Italiens affichent sur leur domicile des dessins d’arc-en-ciel, accompagnés de cette phrase « Tutto andra bene ! », « Tout ira bien ! »