Une intégrale des symphonies de Beethoven en trois jours, trois chefs-d’œuvre du répertoire choral, une place toujours plus grande faite aux femmes… La saison marquant le 40e anniversaire de l’Orchestre Métropolitain est placée sous le signe de la diversité et de la découverte.

EMMANUEL BERNIER
collaboration spéciale

C’est sur le trajet entre Philadelphie et New York que nous attrapons Yannick Nézet-Séguin. Durant tout le mois de mars, le directeur artistique de l’Orchestre Métropolitain doit effectuer la navette entre les deux villes américaines pour diriger le joyau du « Big Five » orchestral états-unien dans une intégrale des symphonies de Beethoven en quatre concerts sur autant de semaines, en plus de participer aux différentes représentations de Werther au Metropolitan Opera.

Le chef d’orchestre accepte avec enthousiasme de discuter de la prochaine saison de son ensemble montréalais, saison qui marquera le 40e anniversaire de l’orchestre, mais aussi le 20e anniversaire de l’association entre le Métropolitain et son chef.

Pour l’artiste, qui a lui-même soufflé 40 bougies il y a quelques années, l’entrée du Métropolitain dans une cinquième décennie marque un tournant, d’où une programmation qui se veut festive et centrée sur le thème de l’émotion, élément qu’il considère comme déterminant dans le rapport qu’entretient l’orchestre avec son public.

On est d’abord agréablement surpris par la place faite à la musique chorale dans la programmation. Comme le signale Yannick Nézet-Séguin, l’orchestre reste intimement lié au Chœur Métropolitain, même si la fondation de ce dernier est plus récente.

Préparé par François A. Ouimet et Pierre Tourville, le chœur sera en vedette dans trois jalons du répertoire vocal : l’oratorio Elias de Mendelssohn, donné les 5 et 6 décembre à la Maison symphonique en collaboration avec le Festival Bach, le Requiem de Brahms le 28 avril, et la Neuvième symphonie de Beethoven le 13 juin.

Ce dernier événement sera le point d’orgue de la saison, mais également d’un marathon Beethoven de quatre concerts en trois jours où les neuf symphonies dialogueront avec quatre compositions issues d’un tout nouveau concours ouvert aux jeunes de tout le pays.

Une saison très féminine

On sent le chef personnellement investi quand il parle de son souhait de voir les femmes prendre plus de place dans l’univers classique. En plus de compter sur le concours tenu par le Métropolitain pour révéler la prochaine Saariaho ou la future Higdon, Yannick Nézet-Séguin dirigera les projecteurs sur des compositrices du passé avec le Concerto pour piano de Clara Schumann, qui sera joué par le jeune prodige torontois Tony Siqi Yun en ouverture de saison (avec la Sixième symphonie de Mahler), et le rare Concerto pour violoncelle de Marie Jaëll, au programme de quatre concerts auxquels participera Stéphane Tétreault en tournée sur l’île de Montréal du 3 au 6 novembre avec le chef et collaborateur artistique de l’orchestre Nicolas Ellis.

Mais c’est probablement dans la liste des chefs invités (quatre femmes pour un homme) que se manifeste le plus l’engagement du Métropolitain (qui fut, rappelons-le, dirigé pendant une décennie par Agnès Grossmann) de redonner aux femmes la place qui leur revient. Des noms importants comme Simone Young, Nathalie Stutzmann, JoAnn Falletta et Gemma New se partageront ainsi le podium tout au long de la saison.

Du côté des solistes, mentionnons le guitariste Miloš et le jeune violoniste Daniel Lozakovich, deux têtes d’affiche chez Deutsche Grammophon, de même que le violoniste Blake Pouliot, qui sera soliste en résidence toute l’année. Les trois concerts choraux permettront par ailleurs d’entendre des valeurs sûres comme la soprano Lucy Crowe, les mezzo-sopranos Karen Cargill et Michèle Losier, le ténor Michael Schade, les barytons Gerald Finley et Philippe Sly et la basse John Relyea.

Le Métropolitain étend par ailleurs son engagement dans la communauté avec le rassemblement Tutti, inspiré de la formule PlayIN créée à Philadelphie, qui permettra à des musiciens en herbe de tous les âges de participer à une répétition publique à la Maison symphonique.

> Consultez la programmation complète