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Jordan de Souza: le printemps, c'est maintenant

Originaire de Toronto, Jordan de Souza est chef... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Originaire de Toronto, Jordan de Souza est chef de la musique au Komische Oper Berlin. Invité par l'Orchestre Métropolitain, il est de passage dans métropole le temps de trois concerts.

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NATALIA WYSOCKA

Collaboration spéciale

La Presse

«On tend à placer dans un musée tout ce qui a plus de 200 ans. Mais cette musique, pour moi, c'est le présent.» Invité par l'Orchestre Métropolitain (OM), le chef Jordan de Souza fait vibrer les oeuvres de «ces gars» que sont Delius, Schumann et Sibelius dans toute leur folle jeunesse.

En cet après-midi au Conservatoire, les musiciens de l'OM répètent la Symphonie no 1 de Schumann, dite du Printemps. Placé à l'avant, Jordan de Souza lance énergiquement: «Ce passage, ce n'est pas de la musique classique; ce sont des étincelles qui revolent! C'est un garçon qui essaie d'impressionner une fille et qui dit: "Regarde! Regarde ce que je suis capable de faire!"»

Tout au long de la répétition, le chef d'orchestre de 31 ans livrera de telles observations, marquant sa grande appréciation des musiciens par des «Yessss!» récurrents.

En revenant à Montréal pour ce concert, c'est un peu chez lui que Jordan de Souza revient.

Jordan de Souza en répétition avec les musiciens... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE) - image 2.0

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Jordan de Souza en répétition avec les musiciens de l'Orchestre Métropolitain

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«Dès que je suis sorti de l'avion, j'ai dit: "Oh yeah, I'm home", raconte-t-il en reprenant son souffle après la répétition. Il y a de la construction partout, la météo est dégueulasse. J'adore!»

Il adore surtout la ville pour ses restos, L'Express, dont il est un habitué, Juliette & Chocolat, où il raconte justement être allé avec Raffi Armenian, son «super professeur» qui lui a enseigné l'année où il a dirigé l'Orchestre du Conservatoire dans Le tombeau de Couperin de Ravel.

Originaire de Toronto, Jordan est aujourd'hui chef de la musique au Komische Oper Berlin. Il habite la capitale allemande avec sa femme et leur petite fille, qui y est née. Et il y dirige 50 soirées par année. «Je suis reconnaissant. C'est d'ailleurs une chose que la musique fait si bien. Nous rappeler de l'être pour les expériences que la vie nous offre.»

Comme celle de collaborer à nouveau avec l'OM, une première depuis 2016. Dans un programme qui procure au chef «une grande joie». Et qui lui permet de braquer les projecteurs sur ces «trois voix uniques» que sont celles de Delius, de Schumann et de Sibelius. Ou, ainsi qu'il les appelle, «these guys». Comme dans: «Ils n'ont souvent pas le respect qu'ils méritent, ces gars-là.»

«Il est rendu de bon ton d'affirmer que ce sont des compositeurs de seconde classe, lance-t-il. Mais les seules personnes qui sont de seconde classe, selon moi, ce sont les musiciens qui le disent.»

De ce programme printanier, durant lequel on pourra notamment entendre l'à propos On Hearing the First Cuckoo in Spring de Delius, Jordan de Souza confie vouloir extraire «l'âme poétique». La souffrance, la joie, la mélancolie, l'espoir. Et la jeunesse. «Je n'ai jamais perçu la musique classique comme étant ennuyeuse ou coincée. Vous savez, nous sommes portés à l'oublier, mais ceux qui l'ont composée, c'étaient des p'tits culs pleins de verve.»

C'est du reste sa jeunesse à lui qui est souvent notée dans les articles qui lui sont consacrés. Ça l'embête un peu? «Je ne me sens pas jeune. Après tout, j'ai été ici tous les jours de mon existence!»

Il ajoute: «La musique est une sphère où rien d'autre ne compte. Et certainement pas l'âge. Prenez Blomstedt. Ce type a 90 ans! Oui, l'expérience que l'on amasse est importante. Mais l'énergie du jeune chiot qui débarque et qui tente de trouver sa voix l'est aussi. Peut-être que je me situe quelque part entre ces deux extrêmes?»

Comme ces extrêmes qu'il dit retrouver chez Schumann. «Sa musique, c'est la glace qui craque, c'est la chaleur, c'est la franchise. Ce sont toutes les couleurs d'une immense palette.»

On lui dit qu'en entendant ces airs, on a ressenti des frissons. Il répond que lorsqu'il dirige, il ne peut pas se permettre de faire pareil. «Je souscris à la philosophie "du coeur chaud, la tête froide", explique-t-il. Je dois rester détaché. Concentré. Faire ressortir le meilleur des musiciens. En concert, je suis celui qui reste silencieux. En sortant de scène, je devrais probablement l'être davantage!»

Mais non. Car cela nous priverait d'observations enlevées et passionnées. Comme celle qu'il livre sur son rapport aux partitions. Et qui constitue selon lui «le plus grand des défis». «Nous voyons des points noirs sur une feuille. Et nous devons nous rappeler que tout cela a commencé avec une page blanche et une tête pleine d'idées. Nous devons inverser le processus. Qu'est-ce qui se cache derrière ces notes? Pourquoi sont-elles ici? Oui, la perfection technique est un prérequis. Mais le but ultime, ce sont les émotions.»

Ce soir à Pierrefonds-Roxborom, demain à la Maison symphonique, samedi à Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (complet), à 19 h 30.

Consultez le site de l'orchestre métropolitain.




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