En 2015, Sarahmée confirmait sa pertinence dans le rap québécois avec Légitime. Son empreinte est désormais Irréversible, annonce-t-elle sur un second album aux forts accents pop et afrobeat.

CHARLES-ÉRIC BLAIS-POULIN LA PRESSE

L'entrée en matière, sur une trap gentille, pose les bases d'un rap féministe, à défaut d'être féminin.

«Maintenant je retourne le game, je ne suis plus le sexe faible, ils attendaient ma venue comme celle d'un prophète.»

Ponctué de sonorités latines et africaines - grappillées notamment dans le Dakar natal de la Québéco-Sénégalaise -, l'album se veut d'abord un appel à la fête et à la danse. En fait foi l'accrocheuse Freedom, aux airs arabisants et au refrain «addictif».

Autour de la «queen»: non seulement les confectionneurs de beats Tom Lapointe et Diego Montenegro, mais aussi les «partenaires de rimes» Nix, Tizzo et Souldia. Ce dernier, porte-voix du street rap, n'a jamais autant chanté que sur Fuego, contre-emploi qui tire le sourire.

Sous le couvert de rythmes légers, les textes frontaux, livrés avec fougue, se portent garants de la diversité ethnique (Abla Pokou, Ma peau) et de l'affirmation féminine (T'as pas cru, Le cercle se rétrécit, Mogo).

Malgré quelques pièces plus génériques, pas de doute qu'Irréversible renforce la crédibilité de Sarahmée dans la très compétitive rap game québécoise.

* * * 1/2

Rap. Irréversible. Sarahmée. STE-4.

IMAGE FOURNIE PAR STE-4

Irréversible, de Sarahmée