Common Holly fait partie de ces Montréalaises rompues au folk-rock indé qui font couler davantage d’encre au-delà des frontières canadiennes.

Charles-Éric Blais-Poulin Charles-Éric Blais-Poulin
La Presse

Encensée un peu ici et beaucoup ailleurs depuis la parution de Playing House (2017), Brigitte Naggar, de son vrai nom, poursuit une conversation auréolée de sombres mystères sur When I Say to You Black Lightning. Ainsi, la chanteuse née aux États-Unis soliloque-t-elle sur Central Booking. « I’m sorry New York broke you […] but now you’re lost in Cana nana nana na da. »

0:00
 
0:00
 

On ne sait jamais très bien si elle parle ou si elle chante, tellement le verbe est fluide. Des mots précieux et précis viennent à étourdir sous l’effet de la répétition. « Don’t leave me, I’m crazy, ok », s’entête-t-elle sur… Crazy Ok, ballade factice foudroyée par un éclair de guitares saturées et de batterie cacophonique.

IMAGE FOURNIE PAR ROYAL MOUNTAIN RECORDS

When I Say to You Black Lightning, de Common Holly

Il faut savoir que Common Holly n’est jamais tout à fait seule dans ses réflexions torturées : sa six cordes cathartique — dans un même temps ou tour à tour distordue, atonale, douce, sèche, électrique, raboteuse — converse compulsivement pendant 30 minutes. Une demi-heure qui passe vite, très vite, trop vite…

★★★★

Folk-rock indé. When I Say to You Black Lightning. Common Holly. Royal Mountain Records.