Sous la direction de son mari, le saxophoniste et compositeur Jim Tomlinson avec qui la chanteuse grimpe les échelons de la notoriété jazz pop, l’ensemble de Stacey Kent se trouvait dimanche aux côtés de l’Orchestre FilmHarmonique, grand ensemble montréalais sous la direction d’Alain Trudel, construit pour de telles occasions.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Facture impeccable, faste, luxuriante, propre… évidemment conformiste.

Ainsi, dans le contexte du FIJM, la Maison symphonique remplissait sa fonction première avec le prolongement sur scène d’un projet discographique mené par la chanteuse américaine : I Know I Dream/The Orchestral Sessions, album sorti en 2017.

Parfaite trilingue comme on le sait, la chanteuse américaine aura repris en anglais certains de ses succès, à commencer par The Ice Hotel ou encore Bullet Train (paroles du fameux écrivain Kazuo Ishiguro). De Jacques Brel, elle aura chanté la version anglaise de Ne me quitte pas alors qu’elle a interprété en français Aguas de Março de Tom Jobim. Ou encore aura-t-elle puisé dans le Great American Songbook, on aura noté That’s All de Bob Haymes et Alan Brandt. Elle se sera aussi impeccablement exprimée en portugais brésilien comme elle le fait à chacun de ses concerts.

Bonne chanteuse, excellente communicatrice, artiste enjouée, personne cultivée, bien élevée. Pas un pli, rien ne dépasse.

Stacey Kent aura bien sûr exprimé son ravissement de chanter avec un ensemble aussi considérable… et dont les arrangements reprennent des formes on ne peut plus prévisibles, conçues dans les années 1955-65 pour le swing, le jazz léger, la bossa nova, la samba ou la pop orchestrale californienne…

Au fil des décennies, ces orchestrations ont généré toutes les perceptions : créatives, élégantes, rafraîchissantes… puis redondantes, ronflantes, destinées aux ascenseurs et grandes surfaces, nostalgiques, rassurantes… aujourd’hui incontournables… classiques !

Ben pour dire…