Certes l’un de nos meilleurs solistes à la trompette jazz, le Montréalais Jacques Kuba Séguin sort son cinquième album en tant que leader.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Remarquable par l’élégance feutrée de sa facture, Migrations l’est aussi par le haut niveau des musiciens recrutés : Yannick Rieu (saxo ténor), Jean-Michel Pilc (piano), Kevin Warren (batterie), Adrian Vedady (contrebasse) et Olivier Salazar (vibraphone).

Le leader et ses collègues assument totalement ce classicisme jazz. Ils puisent dans le « third stream », dont l’objet était d’étoffer le langage contrapuntique inspiré de la musique européenne tout en demeurant ancré dans ce jazz devenu forme savante au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Jusqu’au tournant des années 60, les courants « cool » et « West Coast » avaient intégré ces réformes harmoniques ; ils sont aussi présents dans la facture de cet opus.

On observe en outre des séquences de jazz modal, dont l’approche harmonique plus ouverte fut en vogue à la fin des années 50. Et l’on ne compte pas cette petite touche créole avec le thème jazzifié de ti zwazo (Choucoune). Sept décennies plus tard, ce jazz s’est acquis un statut de musique classique moderne. Il est ici permis d’en apprécier l’évolution de l’interprétation, et aussi certaines réformes rythmiques et harmoniques plus récentes.

À l’Astral, le 27 juin, à 18 h

IMAGE FOURNIE PAR ODDSOUND

Migrations, de Jacques Kuba Séguin

★★★★ JAZZ. Migrations. Jacques Kuba Séguin. Oddsound.

Extrait de l’album sur Bandcamp