Paramore vit un conte de fées avec son quatrième album éponyme, sorti en avril dernier.

Publié le 18 nov. 2013
ÉMILIE CÔTÉ LA PRESSE

Le groupe a survécu au départ de deux membres fondateurs et un certain succès critique s'est ajouté à celui que le groupe connaît chez les jeunes grâce à des chansons écrites pour le film Twilight. Paramore a même remporté le prix du meilleur groupe rock lors de la dernière remise des Teen Choice Awards. Et c'est au Centre Bell que le trio se produisait à Montréal, lundi soir.

En ce lundi soir gris d'automne (ceci explique peut-être cela), seulement 4250 billets étaient vendus, soit moins du quart de l'amphithéâtre du Canadien. Une fois les lumières éteintes, Paramore a immédiatement compensé le vide de la salle, même sans écrans géants, pour se rapprocher de la foule.

Au premier regard, le spectacle donnait l'impression d'avoir été conçu pour une salle comme le Métropolis avant d'être adapté au Centre Bell avec quelques éclairages. Mais c'était sous-estimer la fougue et l'énergie de Paramore.

L'étiquette emo-pop colle à la peau du groupe formé de la chanteuse Hayley Williams, du guitariste Taylor York et du bassiste Jeremy Davis (deux musiciens de tournée remplacent les deux membres qui ont claqué la porte du groupe).

Influencé par No Doubt et Fall Out Boy, le trio sonne parfois comme une version pop et édulcorée des Yeah Yeah Yeahs et Joy Formidable, parfois comme un digne héritier du Van Warped Tour et parfois comme un groupe-hommage à The Killers.

Le dernier et quatrième album de Paramore, sorti le printemps dernier, repose sur une personnalité musicale plus ou moins forte. En spectacle, il est toutefois inconcevable de reprocher à Hayley Williams et sa bande de manquer d'enthousiasme et de dynamisme.

La chanteuse aux cheveux orangés et au look punkette (au style parfait pour être porte-parole des boutiques Forever 21 ou Ardène) saute partout comme si elle avait enfilé une caisse de boisson énergisante.

Entre deux coups de pied, elle invite la foule à chanter avec elle le refrain de leur tube That's What You Get. Sa voix puissante et sans faille lui permet également d'obtenir des notes parfaites quand elle largue à la foule des power-ballades d'aréna (Decode, Daydreaming, The Only Exception).

Pendant ce temps, ses musiciens assurent ses arrières avec un puissant mur de son. Pendant les chansons Now et Last Hope, la symbiose avec la foule était à son comble.

En spectacle, Paramore peut compter sur les chansons mélodiques de ses quatre albums pour offrir un spectacle généreux d'une vingtaine de chansons. Tout est là pour combler les attentes des fans, mais l'ensemble sent trop la recette pour passer à l'histoire. Un segment acoustique au ukulélé, la chanteuse qui rappelle le spectacle de Paramore au Club Soda, une chorale gospel, un clin d'oeil à Fleetwood Mac, de la fougue à en revendre; les membres de Paramore exécutent à merveille ce qu'on demande d'eux, mais le pilote automatique se fait parfois trop sentir.

Hayley Williams qui dit reconnaître une spectatrice après l'avoir vue en photo sur Instagram? Permettez-nous d'en douter.

En d'autres mots, Paramore donne un spectacle généreux... et générique. Mais ne soyons pas trop sévères: le groupe a tout donné, lundi soir.

Lights et Hellogoodbye en première partie

Lights et la formation Hellogoodbye se produisaient en première partie. Chapeau à Lights, née Valerie Anne Poxleitner, qui remplit ses engagements de tournée alors qu'elle est enceinte de plus de six mois. La chanteuse ontarienne a remporté en 2009 le prix Juno de la révélation de l'année.