De petites ampoules suspendues du plafond. Un drap blanc tapissant le fond de la scène. La lumière. La neige.

Émilie Côté LA PRESSE

Ne manquait plus que l'étoile polaire de la soirée. Quand Élisapie est arrivée sur scène, elle brillait déjà de mille feux, le regard illuminé par une fine couronne de fils dorés.

Tout au long du spectacle, Elisapie a ébloui le public. Sur scène, la chanteuse a tout pour elle: magnétisme, beauté, féminité, aisance, sens de l'humour, authenticité... Et cette voix: une perle rare.



La chanteuse aime ses musiciens autant qu'eux l'aiment en retour. Ça se sent, ça se voit. Ça vient du coeur.

Elisapie a lancé son spectacle avec la première chanson de son dernier album, The Beat. Un rythme rock avec des ritournelles pop qui donne envie de remuer les hanches, à l'image de la tangente qu'elle a donnée à son dernier album, Travelling Love.



Le nouveau répertoire groovy d'Elisapie se faufile parfaitement entre les chansons folk de son premier album solo, There Will be Stars. Qu'elle berce ou fasse danser la foule, qu'elle chante en anglais, en français ou en inuktitut, Elisapie vibre avec émotion et profondeur.



Pour reprendre ses propres mots, la chanteuse se permet aussi d'être «girly». Sa chanson Don't you let me go, a-t-elle expliqué, fait référence aux périodes remuantes de la vie où une femme est «mélangée»

Elisapie a ensuite interprété la chanson qui évoque «son repère», Salluit, son village natal. «Ma toundra et mon espace sont toujours avec moi», a-t-elle dit à la foule.

Le segment était alors acoustique, sous de chauds éclairages. La foule a longuement applaudi aux dernières notes de la poignante ballade, sous le coup de l'émotion.

Puis c'était le temps «de faire fondre la glace» avec une pièce plus rythmée, Turning My Back. Voilà comment se déroule un spectacle d'Elisapie. Entre un segment piano/voix, un chant de gorge, une pièce électro-pop et un titre suave, tout coule. Même un problème de son devient magique au beau milieu d'une chanson qu'il faut interrompre pour cinq minutes. «J'aime ça ces affaires-là. Je deviens un stand-up comic, a lancé Elisapie à la foule quand un fil du clavier s'est débranché. Êtes-vous mal à l'aise? On va finir ça en feu de camp!»

Sur scène, Elisapie était accompagnée de ses co-compositeurs et musiciens de longue date, Manuel Gasse et Gabriel Gratton. Pour sa «rentrée montréalaise», le bassiste Antoine Tardif et le claviériste Thomas Augustin (Malajube) s'ajoutaient sur scène. C'était parfait pour la chanson Life Is What You Make It aux délicieux arrangements sixties.  

Elisapie aura été notre plus belle étoile de Montréal en lumière. Ses fans étaient aussi aux anges au Cabaret du Mile-End, par un mercredi soir enneigé.

Si vous n'avez pas prêté une oreille à l'album Travelling Love, paru en octobre dernier, les mots nous manquent pour vous en convaincre. Surtout qu'Elisapie sera en supplémentaire au Cabaret du Mile-End, le 10 mai.