Kevin Ayers, figure éminente du rock britannique, est mort mercredi à l'âge de 68 ans.

Jean-Christophe Laurence LA PRESSE

Auteur-compositeur, chanteur, bassiste et guitariste, Ayers fut l'un des quatre fondateurs des Soft Machine. Cette formation culte, originaire de Canterbury, marqua durablement la scène psychédélique anglaise, par son mélange unique de jazz, de rock et de dadaïsme et ses nombreux passages au club UFO de Londres à la fin des années 60. Baptisé d'après un roman de William S. Burroughs, The Soft Machine lancera son premier album 1968, aujourd'hui considéré comme un classique du genre.

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Après avoir quitté le groupe, Ayers mènera une carrière en marge, qui se soldera par 17 albums intrigants (Joy of a Toy, Confessions of Dr dream, Other Stories et Falling up, etc.) et de multiples collaborations, incluant Brian Eno, John Cale et Mike Oldfield. Son dernier disque, Unfairground, avait reçu un excellent accueil en 2007 et débouché sur une tournée internationale.

Mais cet original n'a pas toujours été au sommet. C'est dans sa maison, notamment, que chuta son collègue Robert Wyatt, autre fondateur de Soft Machine, devenu depuis paraplégique. À la fin des années 70, Ayers a aussi lutté contre sa dépendance à l'héroïne. Créativement, le fond du baril. Plus tard à la BBC, il avouera d'ailleurs ne garder « aucun souvenir » des albums enregistrés pendant cette période.

Ayers vivait depuis la fin des années 80 en reclus, à Montolieu, dans le sud de la France. Il serait mort dans son sommeil. Une fin rêvée.