Lady Gaga a beau multiplier les spectacles en tournée, elle n'est plus omniprésente dans les médias comme à une certaine époque. Elle n'assistait pas à la cérémonie des Grammy, dimanche dernier. La dernière fois qu'elle a alimenté les sites à potins, c'est pour avoir pris 25 livres (il faut blâmer les pizzas de son père, a-t-elle expliqué).

Publié le 11 févr. 2013
Émilie Côté LA PRESSE

Les Montréalais n'avaient pas encore vu la tournée du dernier album de Lady Gaga, Born This Way. Le disque est sorti en mai 2011, un mois après le dernier passage de la chanteuse au Centre Bell.

Sans être sur un sévère déclin, Lady Gaga ne suscite plus la même effervescence qu'à ses débuts. Lundi soir, les revendeurs étaient pris avec des billets en trop, se précipitant sur les passants autour du Centre Bell. Le spectacle n'affichait pas complet, mais les nombreux spectateurs déguisés cachaient les bancs vides.

Le rideau de la scène est tombé vers 21h10 pour dévoiler un imposant château au look glam-médiéval. Lady Gaga était sur un cheval (qui avait l'air vrai de loin), supporté par des danseurs. La reine-chanteuse et sa cour ont fait le tour de la passerelle qui traçait un demi-cercle vers le parterre. Le rythme était malheureusement trop lent pour que ce soit spectaculaire.

Puis le thème de la soirée était annoncé: la naissance d'une nouvelle race extra-terrestre avec un plaidoyer pour la liberté d'être et d'expression.

Lady Gaga a interprété sa chanson Government Hooker avant de crier à la foule: «Montréal, Québec, vous êtes le futur!».

Les spectateurs ont ensuite dansé le poing en l'air au son de Born This Way. En grande forme, Lady Gaga bougeait fougueusement en synchro avec ses danseurs tout en chantant live d'une voix solide.

Le tableau pour la chanson Bloody Mary, où Lady Gaga était entourée d'alter egos extra-terrestres vêtus comme elle d'une chic robe blanche, était réussi. Ses doubles glissaient sur le sol telles des poupées de porcelaine. À la fois beau et freak.

L'énergie du spectacle a gagné un cran avec Bad Romance, où Lady Gaga est sortie d'un immense oeuf blanc. «Bonsoir mes amis. Je vous adore Montréal», a lancé la chanteuse en français. Avec les danseurs qui investissaient tous les étages du château, c'était visuellement très intéressant.

«Je ne suis pas un humain», a dit Lady Gaga. «C'est vous qui m'avez créée.»

Fidèle à son habitude, Lady Gaga étirait inutilement ses interventions. Et le son était insupportablement trop fort pendant Judas. Mais bonne idée de mettre les projecteurs sur les musiciens placés dans des racoins du château.

Lady Gaga a enchaîné en boucle ses succès Just DanceLove Game et Telephone (avec un peu de lypsinc assumé), avant d'entretenir trop longuement la foule (pas besoin de nous prouver qu'elle baragouine le français).

Dans son ensemble, le spectacle était bien construit et bien rôdé, mais le rythme aurait pu être reserré (au-delà des plaidoyers interminables de Lady Gaga). Les spectateurs en avaient pour leur argent, sauf que c'était bon sans être renversant et époustouflant.

C'était aussi une performance généreuse de 150 minutes de musique au programme. Et chapeau à l'interprète derrière la vedette pop: cette fille a de la voix! Au moment de mettre en ligne, elle entonnait intensément You And I.

Lady Gaga avait interdit la présence des photographes au Centre Bell. Pour ceux qui se demandent si elle a pris autant de poids que ce que des photos ingrates ont suggéré: elle a déjà été beaucoup plus maigre, mais elle peut encore porter fièrement une culotte de bikini avec ses fesses bombées.