«Nous nous sommes rencontrés sous le soleil des tropiques», lance Ariane Moffatt. «Elle était nue», poursuit à la blague Ghislain Poirier.

Publié le 4 nov. 2012
Émilie Côté LA PRESSE

C'est plutôt la musique qui a uni la chanteuse et le DJ. Ghislain Poirier signe la direction artistique du mini-album remix de MA, un CD qu'Ariane Moffatt avait sorti l'hiver dernier. Au départ, il devait simplement revisiter la chanson Too Late avec sa signature dancehall et tropical, mais son mandat s'est finalement élargi comme «curateur» de tout le EP.

«Quand tu vas dans un terrain de jeu que tu ne connais pas, c'est le fun d'avoir un passeur avec du recul et des connaissances. Et Ghislain est pointu et exigeant», explique Ariane Moffatt.

Même si elle avait aussi soutiré un disque remix de son album Tous les sens, Ariane a dû se résigner à laisser «ses tounes aller jouer dehors».

«Ça demande du lâcher-prise à la control freak que je suis», avoue-t-elle.

L'auteure-compositrice-interprète a conçu MA, son dernier album bilingue, dans le but de le bricoler de A à presque Z dans son studio maison. D'en faire un EP de remix nécessitait une démarche totalement inverse: il fallait laisser ses compositions voler avec de nouvelles ailes.

Même si Ghislain Poirier l'avait avertie («ça se peut que t'écoutes le résultat et que tu ne reconnaisses pas ta toune»), Ariane Moffatt «a dû revoir sa définition de remix, blague-t-elle. Après une première écoute, j'ai laissé décanter pour écouter la proposition avec du recul.»

«C'est ça, le but, enchaîne Poirier. Proposer quelque chose de différent. Je n'ai volontairement pas donné les remix en cours de route à Ariane.»

Le remix de Dubbel Dutch d'Hôtel Amour est en effet à des «musicalités-lumière» de la pièce originale, tout comme celui de Nautiluss, projet derrière lequel se cache Graham Douglas Bertie du groupe Thunderheist.

«Il retourne aux racines de la musique électronique avec des machines analogues. Il fait de la techno classique dans le sens noble du terme», explique Ghislain Poirier. Quant à Dubbel Dutch, «c'est un gars d'Austin qui aime le dance-hall et qui a une approche assez pop».

Pour les néophytes, il est impossible de deviner que la base des deux titres réside dans la même chanson... «La voix est restée, mais pas les mots», signale Poirier. Dans le EP, le chant d'Ariane envoûte en effet les pièces avec une grande musicalité et très peu de paroles.

Ce sont les amis de Plaster qui revisitent In Your Body avec leur «oumph» habituel, alors que le duo torontois Bonjay donne une touche «club» à L'homme dans l'automobile. Enfin, Ariane Moffatt se prête au jeu en revisitant Walls Of The World avec de fins échantillonnages de violon et une urgence sensible dans les rythmes.

Des DJ sets sont-ils prévus à part le lancement? Sans doute, et peut-être même à Igloofest.

Sinon, Ariane Moffatt s'amuse dans les coulisses par les temps qui courent en signant la musique de la pièce de théâtre mise en scène par Brigitte Poupart, La démesure d'une 32A, qui sera présentée à l'Espace Go dès le 13 novembre.

«J'aime la liberté de ne pas avoir la contrainte d'un texte de chanson», souligne-t-elle. Ariane Moffatt a mis en musique cinq poèmes de Clémence DesRochers et la scène d'ouverture, ce qui fera l'objet d'un EP.