Ça bouge du côté de l'offre musicale légale en ligne au pays. Après l'entente entre Rdio et Telus pour un service de musique à la carte sur téléphones portables, puis l'annonce par Astral Media d'un nouveau service de chaînes musicales web, c'est au tour de Quebecor/Groupe Archambault de sonner la charge avec son propre service continu musical, Zik, dont l'inauguration pourrait se faire dès février prochain.

Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Déjà, plusieurs représentants de labels québécois se disent perplexes devant ce type de service, qui ne génère encore que de maigres revenus, surtout pour les étiquettes indépendantes.

Le service de Quebecor est du même type que Spotify: une application dotée d'une interface simple, façon iTunes ou WinAmp, donnant accès à des millions de chansons qu'on écoute en continu sur le web (streaming).

Ce nouveau service - la première initiative du genre développée au pays - accessible par internet local et mobile, ne proposera pas de volet gratuit (freemium).

«Ce sera une des plateformes du futur», se limite à dire Pierre Borduas, directeur de projet et responsable des contenus musicaux éditoriaux de Zik.

Quels seront les catalogues musicaux proposés à la clientèle de ce nouveau service? Comme pour Rdio (une banque de 10 millions de chansons) et Astral, Quebecor cherche d'abord à convaincre les quatre majors, Sony-BMG, Warner Music, Universal Music et EMI Music de rendre leurs répertoires accessibles. Selon nos informations, au moins l'un d'entre eux aurait déjà signé une entente.

Inclusion du répertoire d'ici

Toutefois, l'argument de vente sur le marché québécois, premier marché visé, sera l'inclusion du répertoire d'ici. La plupart des étiquettes de disques faisant affaire avec Sélect Distribution et Sélect Digital (propriété de Quebecor) ont été mises au fait de l'existence de Zik.

Des rencontres sont prévues prochainement pour discuter du projet qu'on espérait d'abord lancer en novembre. Repoussée au début février 2012, l'inauguration du service pourrait bien changer d'échéancier puisqu'aucune date n'a encore été fixée pour l'annonce officielle du lancement.

«On a tout intérêt à [rendre nos catalogues] disponibles», estime Laurie Boisvert, directrice générale de Dare to Care Records/Grosse Boîte, qui confirme avoir été sollicitée par Quebecor.

«Sur le seul plan de la visibilité des artistes, je crois que ça finit par coûter plus cher de ne pas être représenté sur de telles plateformes. De toute façon, la visibilité sur le web, chez nous, c'est un choix d'entreprise: tous nos albums sont déjà disponibles en streaming», ajoute-t-elle avant de confirmer que les labels québécois ont aussi été sollicitées par Rdio et Spotify.

Or, aucun des labels contactés jusqu'à présent n'a été informé du type de revenus qui pourraient être générés. Les tarifs qui seront proposés aux abonnés font d'ailleurs toujours l'objet de discussions.

Une grille tarifaire de base sera suggérée, et des tarifs préférentiels seront ensuite offerts aux clients des différents services Vidéotron.

La direction de Groupe Archambault n'a pas répondu à nos appels.