Le premier album de Thomas Dutronc était plus proche de l'esprit des Triplettes de Bellevile, dont il était un participant, que de l'oeuvre de papa Jacques et maman Françoise. De son propre aveu, il y chantait un touriste, sans doute victime du syndrome de l'imposteur.

Alain de Repentigny LA PRESSE

Silence on tourne, on tourne en rond est un album plus assumé, réjouissant, qui carbure à l'humour, la dérision et un romantisme presque fleur bleue. Le guitariste manouche en lui y est encore très présent, notamment dans des pièces quasi exclusivement instrumentales comme l'amusante Vinyle 73 à laquelle il ajoute une touche moderne, quasi électro. Cet album nous charme surtout par son côté ludique et entraînant, ses chansons rigolotes et même un peu plus rock comme Turlututu, Oiseau fâché et On ne sait plus s'ennuyer sur l'intrusion des nouvelles technologies, avec un «épilogue fermier» aussi drôle qu'inattendu. Ça se termine sur Relançons la consommation dont la musique patriotico-militaire d'une autre époque se marie avec un discours moderne. On reprochera peut-être à Thomas Dutronc de suivre les traces de son père, mais il le fait à sa façon, avec un plaisir contagieux qui donne le goût de réécouter son album. Souvent.

À télécharger :Turlututu, On ne sait plus s'ennuyer