C'était hier soir au tour de l'Orchestre Métropolitain d'entrer dans la nouvelle salle de la Place des Arts et d'y passer l'inévitable test acoustique. L'OM n'étant pas tout à fait l'OSM, allait-on y entendre, plus qu'ailleurs, les moindres imperfections?

Claude Gingras LA PRESSE

On m'avait placé au parterre, à l'arrière. Des odeurs de vernis fraîchement appliqué (chose confirmée par l'un des concepteurs de la salle) me font monter à la corbeille après l'entracte. J'ai donc écouté le Haydn et le Mozart en bas, où les effectifs étaient d'environ 45 musiciens, puis le Beethoven en haut, où l'orchestre était agrandi à 60. Si la différence n'est pas considérable en chiffres, elle l'est -- et combien! --  en qualité sonore. À la corbeille, le son de l'orchestre se révèle avec à la fois une clarté et une profondeur, bref une vérité, qu'il n'avait pas tout à l'heure.    

Retrouvant son cher Métropolitain pour ce début de 31e saison, Yannick Nézet-Séguin a adressé quelques mots à l'auditoire qui remplissait presque à sa capacité le nouveau lieu. «Nous sommes heureux d'être plus près de vous...», ou quelque chose du genre.

La 97e Symphonie de Haydn n'est pas la plus originale des 100 et quelques, mais Nézet-Séguin et ses musiciens en font une réussite d'élégance (impeccable articulation des violons) et d'humour (ces deux cors s'entêtant à répéter la même note). Rien à redire sur ce Haydn.

Jan Lisiecki, le blond pianiste de 16 ans de l'Ouest canadien qui remporta le Concours OSM de 2009 (détail que l'OM passe sous silence...), joue le Concerto K. 467 de Mozart impeccablement, mais comme une leçon bien apprise, sans le moindre apport personnel. On aimerait savoir de qui sont les cadences. On a cependant reconnu le rappel : de Mozart encore, le Rondo alla turca de la Sonate K. 331, assorti d'une fausse note.

Pour son entrée dans la nouvelle salle, Nézet-Séguin a choisi cette célébrissime Cinquième de Beethoven qu'il a dirigée assez souvent pour la faire maintenant de mémoire. À la corbeille, on entend tout, depuis la trompette entrant un temps trop tôt jusqu'au murmure «pianissimo» des contrebasses annonçant la transition vers le finale. Beethoven n'indique rien de lent dans sa partition. Nézet-Séguin a donc parfaitement raison d'adopter ces tempi plutôt rapides, voire cette continuelle énergie qui renouvelle l'écoute.

ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN. Chef d'orchestre: Yannick Nézet-Séguin. Soliste: Jan Lisiecki, pianiste. Jeudi soir, Maison symphonique de Montréal, Place des Arts.

Programme:

Symphonie no 97, en do majeur, Hob. I:97 (1792) - Haydn

Concerto pour piano et orchestre no 21, en do majeur, K. 467 (1785) - Mozart

Symphonie no 5, en do mineur, op. 67 (1805-07) - Beethoven