Les tensions politiques ont laissé place un court instant à l'unanimité au Parlement à Québec mardi après-midi. Et Gilles Vigneault est particulièrement fier d'y avoir contribué. À sa façon il a toutefois évoqué ses inquiétudes quant à son voeu de voir le Québec devenir un pays.

Patrice Bergeron LA PRESSE CANADIENNE

Le fils le plus connu de Natashquan a reçu la médaille d'honneur de l'Assemblée nationale mardi. Tous les parlementaires ont salué par une motion sa carrière de plus de 50 ans, juste après la période de questions.

L'artiste qui aura bientôt 83 ans a été décoré par le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, au cours d'une cérémonie au salon du président, en présence de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, des chefs du PQ, Pauline Marois, et de l'ADQ, Gérard Deltell, ainsi que de plusieurs députés péquistes, dont ceux de la Côte-Nord, région d'origine de M. Vigneault.

«Qu'on puisse sur un sujet de ce genre obtenir l'unanimité de la Chambre, cela fait rêver! a dit M. Vigneault dans une entrevue juste après la cérémonie. (...) C'est ça qui est touchant et qui fait plaisir.»

Dans son allocution, M. Vigneault a affirmé que c'est un «honneur très particulier qui bat tous les autres», parce qu'il est attribué par ses concitoyens.

Il dit avoir été touché par le protocole qui a entouré la remise de la médaille, l'hommage rendu en Chambre, etc.

«Je n'ai pas vu mieux comme rituel. (...) Le rituel structure la vie, il donne aux événements qu'il entoure un caractère un peu sacré, pacifiant. (...) L'absence totale de rituel, c'est très vite la grossièreté à la place de la politesse, et la grossièreté, c'est le commencement de la guerre.»

Il dit même avoir été «impressionné par le rituel qui préside à la période de questions», au cours de laquelle les députés doivent s'adresser au président et non à leurs adversaires.

M. Vigneault est connu pour avoir été longtemps un des chantres du mouvement indépendantiste, mais il est resté prudent quand il a été appelé à commenter l'état de santé de son idéal.

Il se défend d'avoir eu un rêve politique, sinon de rêver d'avoir des gens au pouvoir pour réaliser le pays. Mais il espère que davantage de gens partageront son idéal.

«L'idéal, quand il est porté par une seule personne, il ne se rend pas loin, a-t-il déclaré au cours de l'entrevue. Il faut que l'idéal devienne collectif pour avoir de l'avenir.»