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Damien: prendre la vie du bon côté

Le rappeur Damien a connu son premier succès... (Photo André Pichette, La Presse)

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Le rappeur Damien a connu son premier succès il y a cinq ans avec un échantillonage du Blues dun businessman.

Photo André Pichette, La Presse

Philippe Renaud
La Presse

Fier représentant d'un hip-hop ouvertement accessible au grand public, le rappeur Damien est de retour avec L'amour ninja, troisième album d'un rap accrocheur farci de collaborations - une première pour le musicien -, notamment avec Ironik, L'intrus, Ray Ray et, plus inusitées, celles avec Mononc' Serge et le fantaisiste-humoriste-chansonnier Stage Lacroix.

Bien sûr que vous vous souvenez de Damien. La chanson J'aurais voulu d'il y a cinq ans, celle qui échantillonnait Le blues d'un businessman et qui a ouvert une brèche dans les palmarès pour le rap-pop en se hissant au sommet du palmarès de radios commerciales? Voilà.

«J'ai su qu'en l'entendant, Claude Dubois a ri, raconte le rappeur, natif de Granby. Je ne sais pas si c'est un rire approbateur ou non, par contre.»

Le procédé qui consiste à échantillonner un tube consacré pour en faire un autre avait moult fois été éprouvé dans l'univers du hip-hop, mais rarement de manière aussi efficace que sur le succès-surprise de Damien. Qui l'avait fait à la mitaine, sans demander la permission à personne. «Je me disais qu'en faisant ça, je permettais à la chanson d'être redécouverte par un autre public, se rappelle-t-il. Que si ça marchait, je pourrais ensuite m'arranger... J'ai été naïf.»

Les ayants droit ont attendu que la chanson décolle sur les radios pour lui envoyer les lettres d'avocat, lui intimant entre autres de faire retirer son premier album des tablettes des disquaires (la chanson n'était pas sur ledit disque, mais la pochette invitait les fans à la télécharger sur son site). «J'ai eu des mises en demeure. Luc Plamondon lui-même est intervenu auprès des éditeurs pour que ça cesse, en faisant valoir que je n'étais qu'un jeune artiste qui commençait.»

Sa version du Blues du businessman est bannie, mais elle a tout de même bellement lancé sa carrière. Damien a ensuite présenté Plus que jamais en 2007, propulsée par un duo avec Dupuis, J'veux plus travailler. Trois ans et une remise en question plus tard, Damien rapplique avec L'amour ninja, un premier album sur l'étiquette Iro Productions (L'Assemblée, Ironik, Papaz).

«Sur une trentaine de chansons enregistrées, j'ai gardé ce qui me semblait le plus accrocheur», dit-il. Un type comme ça, Damien. Sa musique est dynamique, volontairement légère (mais parfois cinglante aussi), et L'amour ninja n'est pas non plus sans un humour certain, dans le texte jusque dans le titre.

«C'est le fun de collaborer avec des artistes de l'extérieur de la scène rap, il me semble que ça permet à la musique de voyager vers d'autres publics», commente le musicien à propos des chansons Drogué (avec Mononc'Serge, qui joue un sacré personnage) et Cassé (avec Stage Lacroix).

«J'aime le rap, c'est une influence, mais je ne suis pas attaché à ce genre musical, ajoute Damien, un des fers de lance du «rap à guitare». Tout ce que je fais a besoin d'être original; sans vouloir faire d'histoires, j'ai l'impression que plusieurs artistes de la scène rap se ressemblent, ou font de la musique semblable, même genre de baboune sur les photos de leurs pochettes... Moi, je ne suis plus capable. J'essaie d'ouvrir les portes, pas pour faire le porteur de flambeau, mais je m'efforce d'apporter quelque chose d'autre.»

Quelque chose d'autodérisoire, de rigolo, voire d'autocritique, un trait peu commun chez les rappeurs (chez la majorité des musiciens populaires, à ce compte-là). Des thèmes qui s'efforcent de sortir des lieux communs (Princesse péruvienne, sur un ton r&b, Vert, qui raille les écolos purs et durs). Un type qui s'amuse dans son métier, celui de rappeur à temps plein, un luxe pour bien d'autres MC. Regardez-le faire du skateboard sur la vidéo ensoleillée de la bien nommée Chanceux; ce rappeur-là prend la vie du bon côté.

«Quand je suis arrivé en 2005, le rap ne jouait à peu près pas sur les radios commerciales, raconte Damien. Je suis arrivé avec J'aurais voulu, accrocheuse, mélodique, je pense que j'ai ouvert des portes pour d'autres - Taktika, L'Assemblée. Aujourd'hui, on dirait que ces portes-là se sont refermées. Heureusement, la scène est organisée, les groupes sont plus sérieux, on a de bons sites web pour nous retrouver et diffuser la musique. Surtout, le public est là pour le rap au Québec.»

En attendant sa rentrée montréalaise sur scène, Damien fait la tournée des écoles au cours des prochaines semaines.




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