Il faisait nuit quand Thierry Marceau est arrivé au centre-ville de Los Angeles, hier, peu après 3 h du matin.

Mis à jour le 8 juill. 2009
Nicolas Bérubé LA PRESSE

Le jeune Montréalais avait le visage voilé. Il portait un chapeau noir, une perruque noire et des verres fumés. Vêtu d'un costume ajusté, il faisait des poses pour amuser les médias et les fans de Michael Jackson, qui commençaient à affluer.

M. Marceau est arrivé à Los Angeles jeudi dernier. «J'ai pris une chance et je suis venu, a-t-il dit. Mon plan était d'assister à la cérémonie publique.»

Or, les billets ont été distribués par un système de loterie et M. Marceau n'a pas été choisi.

Malgré l'intérêt que les passants lui portaient, le jeune homme s'apprêtait à passer la journée à l'extérieur des barricades quand une jeune fille munie du fameux bracelet multicolore donnant accès au spectacle s'est approchée de lui.

«Tu n'as pas de billet? lui a-t-elle demandé en regardant son costume de haut en bas. Attends un peu.»

Quelques minutes plus tard, la jeune femme est revenue dans la foule et a discrètement tendu la main vers Thierry Marceau pour lui glisser un billet et un bracelet.

L'admirateur de Michael Jackson s'est effondré au sol, incapable de bouger ou de parler. «Je n'en reviens pas. Je n'en reviens pas. Je n'en reviens pas», a-t-il répété.

La jeune femme est repartie vers l'amphithéâtre, un sourire accroché aux lèvres. M. Marceau s'est mis à donner des entrevues aux cameramen autour de lui.

«C'est le plus beau jour de ma vie», a-t-il dit en guise de conclusion, avant de passer la barrière surveillée par les policiers et d'aller rejoindre la foule qui s'avançait vers le Staples Center.

Financer Los Angeles?

Cela vous dirait d'envoyer un chèque pour aider à redorer les finances de la deuxième ville des États-Unis?

C'est la demande peu orthodoxe qu'a faite, hier, le maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa. Ce dernier est dans l'embarras après qu'un conseiller de l'opposition eut révélé que les frais de sécurité liés à la cérémonie funéraire s'élevaient à 4 millions de dollars. Une somme épongée par les contribuables.

«Si vous êtes un fan de Michael Jackson, s'il vous plaît, pensez à faire un petit don pour nous aider à célébrer sa vie et sa musique», explique une note publiée hier sur le site de la Ville, et que le maire a fièrement annoncée sur sa page Twitter.

Pendant que le maire quémande, ses opposants politiques passent à l'action. Hier, le conseiller Dennis Zine a demandé à AEG, la société de production du spectacle, «d'assumer la totalité des frais de la cérémonie».

«Je ne les blâme pas d'avoir fait le spectacle, a-t-il dit. J'estime simplement que c'est à eux d'en assumer les frais, pas aux contribuables.»

La Ville a un fonds qu'elle peut utiliser en cas d'urgence, comme lorsque survient un tremblement de terre. Or, le maire «utilise cet argent pour payer les policiers» pour la cérémonie de Michael Jackson, accuse le conseiller.

Les représentants d'AEG, qui possède le Staples Center et le Nokia Theatre, n'ont pas fait de commentaires, hier.