Bet.e et Stef ont décidé de faire chemin à part après deux albums, il y a déjà six ans de cela. Il aura fallu tout ce temps pour que Bet.e accouche de son premier album solo, b.coming. Le chemin a été sinueux, mais la chanteuse à la voix chaude est heureuse de mettre fin à son exil.

Mis à jour le 21 févr. 2009
Émilie Côté LA PRESSE

Le premier album solo tant attendu de Bet.e arrive cinq ans plus tard que prévu. «Il y a des choses qu'on décide, d'autres qu'on ne décide pas. Je voulais faire un album dont je suis fière, même si cela a été sinueux», explique la chanteuse de 37 ans.

 

Bet.e habite dans les Cantons-de-l'Est. «Un beau coin près de la frontière», se contente-t-elle de dire, voulant garder l'endroit secret. C'est dans son studio maison qu'elle a enregistré b.coming, qui sortira mardi prochain.

Il y a six ans, Bet.e mettait fin à son idylle musicale avec Stef, alors que le duo était promu à un succès planétaire avec ses rythmes jazzés et ses airs de bossa-nova. Deux ans plus tard, Bet.e a fait des spectacles avec son amoureux de l'époque, le musicien cubain Carlos Placeres.

Aujourd'hui, Bet.e ne crée plus en duo. «Je suis à 100% derrière ma musique. C'est génial, dit-elle. C'est la liberté totale, le travail sans aucune complication. Mais ce que j'ai eu avant, j'en ai eu besoin pour mon apprentissage. Mais là, je me sentais prête à voler de mes propres ailes.»

Avec b.coming, Bet.e ne rompt pas avec le son «bossa-nova» qui l'a fait connaître. Ce sont des chansons feutrées d'apéro. Mais du propre avis de la chanteuse, l'album est plus world et moins jazz. Une chanson est funk, l'autre latine. Celle-ci est salsa, celle-là est une bossa. «C'est un mélange car j'écoute toutes sortes de musique.»

B.coming comprend des pièces en portugais, en anglais et en français, de même que des reprises de Cole Porter (You'd Be So Nice to Come Home To) et de la chanteuse brésilienne Joyce (Feminina). Trois des 13 titres sont en français. «À mon réveil est la première chanson que j'ai écrite en français, se réjouit Bet.e. Quand j'ai une idée, c'est volcanique. Il me faut vite un crayon et un papier. Je ne choisis pas ce qui va sortir. Ça sortait toujours en anglais, je suis contente que ce soit finalement sorti en français.»

Ses compositions sont également très personnelles. Sur Encore, l'artiste d'origine trifluvienne dit Le chapitre était fini, mais pas l'histoire/À force d'en parler, on finit par le croire/Ce qu'on croyait noir soudain s'illumine.

Bet.e voit son album comme «le reflet de ce qui se passait dans ma tête». «Je voulais que ça reflète où j'étais rendue, explique-t-elle. On voit l'évolution. On sent la réflexion. Je pense que les gens qui aimaient ce que je faisais vont encore aimer ça. Mais ce n'est pas une copie conforme, ça va plus loin.»

Est-ce que le succès qu'a eu Bet.e avec Stef ou les comparaisons qu'on pourrait faire avec le duo lui mettent de la pression? «Il y a toujours de la pression dans ce milieu-là. Elle augmente toujours et je m'y habitue. Je ne ressens pas de stress. Je suis excitée d'être là.»

«Je suis heureuse de revenir et de m'adresser encore aux gens, poursuit-elle. C'est un privilège de revoir le public après plusieurs années d'exil.»

Universal lance b.coming au Canada. Bet.e aura droit aux services de Barry Garber, un agent et promoteur influent qui a travaillé avec Céline Dion et Florence K.

Il y a de fortes chances que Bet.e se produise cet été dans le cadre du Festival de jazz. Ce n'est pas nous, mais elle qui le dit.