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Arcade Fire : réflexions d'un Miroir noir

Miroir noir est plus un film d'art qu'un... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Miroir noir est plus un film d'art qu'un documentaire. Pas d'interview. Des images d'archives de la création de Neon Bible, dans l'église de Farnham où s'est installé le groupe, côtoient ici des images de concert, de coulisses et des lieux visités en tournage.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

En attendant un prochain disque ou concert d'Arcade Fire, les mordus peuvent se sustenter avec Miroir noir, film impressionniste de 76 minutes sur la conception et la tournée de Neon Bible. Entretien avec le réalisateur du film, Vincent Morisset.

De mémoire de scribe, c'est un des plus beaux souvenirs de concert des dernières années. Après avoir craché tout ce que son ventre contenait d'angoisse, d'espoir et de hargne, Arcade Fire rallume les lumières et descend silencieusement sur le parterre. La troupe éteint la tempête soulevée en entonnant doucement Wake Up, sans amplification et au milieu des fans.

 

Cette finale, présentée dans plusieurs concerts de la plus récente tournée d'Arcade Fire, apparaît dès les premières minutes de Miroir noir. «Au coin droit de l'écran, on voit un gars impassible, le visage crispé, raconte Vincent Morisset. Puis soudainement, il a un spasme, un gros frisson, comme s'il venait de digérer toutes ses émotions en même temps.» Ce sont de tels témoins de l'univers à fleur de peau d'Arcade Fire qu'il voulait montrer.

Morisset avait déjà réalisé plusieurs projets du groupe, comme ses sites internet et certains de ses vidéoclips. Après avoir filmé et photographié la tournée de Funeral, on l'a invité à récidiver pour celle de Neon Bible. Au début, il ne savait pas exactement quel genre de film il voulait tourner. Seulement celui qu'il voulait éviter.

«Je n'aime pas les rockumentaires, avoue-t-il. Ça ne me plaît pas vraiment, les images du quotidien de la tournée, du style «le party où vous n'étiez pas invités», entrecoupées de chansons et d'interviews. Et les simples captations de concert me laissent aussi un peu froid.»

Miroir noir constitue donc plus un film d'art qu'un documentaire. Pas d'interview. Des images d'archives de la création de Neon Bible, dans l'église de Farnham où s'est installé le groupe, côtoient ici des images de concert, de coulisses et des lieux visités en tournée.

Certaines sont superbes. Des procédés comme un éclairage à la lampe de poche ou un cadrage imitant une caméra de surveillance servent à magnifier la beauté des chansons, comme les inquiétantes prémonitions et réminiscences de Black Miror. D'autres sont comiquement absurdes, comme un bref extrait d'archives de The Price Is Right, dans lequel on aperçoit deux des membres du groupe - Richard Parry et Tim Kingsbury - en train d'encourager les participants.

«Dans l'ensemble, il y a beaucoup de plans séquence. On voulait éviter un montage trop rythmé ou nerveux. Il fallait quelque chose d'organique», raconte le réalisateur et caméraman, qui travaillait avec Stéphane Lafleur au montage (le réalisateur de Continental, un film sans fusil), Vincent Moon comme principal caméraman (instigateur de Concerts à emporter) ainsi que Win Butler et Régine Chassagne, têtes dirigeantes d'Arcade Fire qui ont gardé un oeil sur le processus créatif.

1-800-ÉTRANGE

Le film est présenté sans réelle structure chronologique ou narrative. La seule «courtepointe», explique Vincent Morisset, est la ligne 1-800 lancée avant la parution de Neon Bible. En composant le numéro, on entendait alors une déclaration bizarre, presque messianique, suivie de la chanson Black Miror. Les fans pouvaient ensuite laisser un message dans une boîte vocale.

Plusieurs de ces messages reviennent périodiquement dans le film. Certains sont adulatoires ou carrément hallucinatoires, alors qu'un ou deux versent dans l'invective. «Ce sont des témoignages sans filtre, laissés dans l'anonymat d'un répondeur, poursuit Vincent Morisset. L'émotion est brute et crue. C'est exactement ce qu'on recherchait.»

Pour l'instant, le film est la seule nouveauté d'Arcade Fire à se mettre sous la dent. Le groupe offrira bientôt la chanson Lenin à la compilation Dark Was The Night, dont les profits seront versés à un fonds pour la recherche sur le sida. Elle paraîtra le 16 février prochain. Pour le reste, la bande prend une pause méritée, confirme Vincent Morisset.

Quant à lui, le réalisateur planche sur un clip (titre provisoire: Porté disparu) pour le prochain disque de Malajube, sur un «projet encore flou» avec Tiga et sur un «projet de film musical» avec le groupe islandais Sigur Rós.

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Miroir noir, téléchargeable dès maintenant au www.miroir-noir.com. Entre 5,99 $US et 13,99 $US selon la résolution. DVD disponible en pré-commande.

 




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