Il se pose des questions. Cherche des réponses. Puis fait partager ses connaissances. Avec sérieux et légèreté, comme lui seul peut et sait le faire. La nouvelle série Louis T. veut savoir, lancée cette semaine sur Savoir média, se veut un exercice à la fois ludique et sérieux de vulgarisation, là où l’information, la nuance et les subtilités sont reines. Humour en sus.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

Ambitieux pari que voilà, à l’heure de la polarisation des opinions. Ambitieux et même audacieux. La nouvelle série documentaire de six épisodes produite par Urbania, diffusée à partir de jeudi, porte en effet sur des sujets pas forcément d’actualité, mais toujours de société, vastes et souvent archicomplexes : de la pauvreté à la 5G en passant par la désobéissance et le transhumanisme. Mais savez-vous quoi ? Ça marche. Mieux : on en redemande.

C’est ainsi que l’épisode sur la pauvreté part d’une « indignation », le transhumanisme, d’une peur de « dérapage », etc. Une émotion, transposée à l’écran en question : pourquoi est-ce que la 5G fait autant peur, est-ce qu’on est prêt pour une catastrophe, et manifester, est-ce que ça fonctionne ? Avec une craque glissée ici ou là, pour alléger le tout. Notre préférée : « Les ondes électromagnétiques, c’est un peu comme le clitoris, c’est pas tout le monde qui comprend comment ça fonctionne… » Touché.

Si vous avez regardé Aiguille sous roche à Télé-Québec plus tôt ce mois-ci, vous reconnaîtrez sans doute la facture visuelle, le rythme et le ton, en clair, la signature des épisodes. Ce n’est pas un hasard : c’est la même équipe qui a travaillé sur les deux projets. « On trouvait qu’on avait une formule intéressante, et on a récupéré l’ADN », confirme-t-il.

Le « social » d’abord

À mi-chemin entre le Pharmachien et Infoman, Louis T. se distingue ici en se concentrant moins sur la science ou la politique et davantage sur le « social ».

C’est ce qui m’échappe le plus : le social. Comprendre les gens. Louis T. veut comprendre les gens.

Louis T., humoriste et animateur

Il regrette au passage ses propos formulés à la mi-mars, sur le plateau de Tout le monde en parle, selon lesquels Olivier Bernard (le Pharmachien) « antagonisait » un peu les gens. « Je regrette mes paroles », laisse-t-il ici tomber. Avant d’ajouter : « Je suis convaincu que Jean-René Dufort, Olivier Bernard et moi, autour d’un verre, ce serait crissement intéressant. Je pense qu’on s’entendrait bien. On partage une même vision de la vie et un désir de vulgariser. »

PHOTO FOURNIE PAR SAVOIR MÉDIA

Louis T. s’est carrément fait poser des électrodes pour mesurer ses performances cognitives.

De son côté, Louis T. ajoute en prime un petit côté immersif divertissant à son propos (il a fait évaluer les champs électromagnétiques dans sa maison, aidé une mère seule prestataire de l’aide sociale à déménager, et même consommé un médicament pour stimuler son cerveau). Ce n’est pas pour se mettre en scène, mais simplement pour « dynamiser » l’émission, explique-t-il.

« Des fois, s’asseoir avec un spécialiste, […] ça ne fait pas la meilleure télé. » Même si le spécialiste en question est un biohacker et que, pour améliorer ses prouesses sexuelles, il s’est fait implanter un vibrateur dans le pénis (ça ne s’invente pas, et vous le verrez dans l’épisode sur le transhumanisme) ? « Le but, c’est de garder l’attention du spectateur, poursuit l’animateur. Ajouter un peu d’épices, de divertissement. Rendre tout ça plus digeste. » On ne sait pas si c’est plus « digeste » (!), mais c’est assurément divertissant.

Nourrir la réflexion

Au bout du compte, chaque épisode de la série se conclut non pas sur une certitude, mais encore une fois sur une question. Ou plutôt une ouverture. Parce qu’il n’y a pas de réponses claires aux interrogations de Louis T. Rien de tranché. « Ce n’est pas un show qui se veut clivant. […] L’idée, c’est plutôt de nourrir la réflexion. »

Ultimement, l’animateur souhaite aussi que l’émission serve de point de départ à de franches discussions, aussi harmonieuses que possible, dans nos salons. Nouveau moyen défi : « C’est ça que je souhaite, souligne Louis T. On nourrit une réflexion sous plusieurs angles et de manière respectueuse, et j’espère que les gens pourront reproduire ça ensuite. »

PHOTO FOURNIE PAR SAVOIR MÉDIA

Manifester, est-ce que ça marche ? Louis T. a testé.

Une dernière chose : si vous voulez tout savoir, l’évaluation des champs électromagnétiques au sein de son domicile (dans l’épisode sur la 5G) a effectivement remué Louis T. Mais pas au point de lui faire voir sa maison comme « empoisonnée », glisse-t-il. « Et je dors encore avec mon iPad et mon téléphone à côté du lit… » C’est dit.

Louis T veut savoir, une série documentaire de six épisodes, sera diffusée sur les ondes de Savoir média à partir du 25 mars, à 21 h 30, puis en ligne.

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