D’une durée de six heures, Inside est une projection vidéo qui met en scène 30 performeurs répétant inlassablement une danse du quotidien où l’effet de répétition et accumulation induit un état quasi méditatif chez le spectateur.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

Le créateur grec Dimitris Papaioannou, qui avait marqué les esprits avec The Great Tamer l’an dernier, est de retour à l’Usine C avec cette œuvre où le théâtre est transformé en salle d’exposition.

D’abord présentée à Athènes en 2011, Inside était une installation théâtrale rassemblant 30 performeurs pendant une durée de six heures. Dans un espace reproduisant un appartement minimaliste, ces derniers exécutent une phrase chorégraphique simple, calquée sur le quotidien : arriver à la maison, enlever chaussures et vêtements, prendre sa douche, manger, se coucher…

Cette phrase, toujours la même, mais pouvant être modulée de différentes façons, est le seul matériel chorégraphique qu’a utilisé le créateur pour créer une chorégraphique de six heures, qui ne se répète jamais. Le ballet du quotidien ainsi créé est absolument fascinant, et d’un grand défi technique, avec de nombreux trompe-l’œil qui viennent brouiller la perception du spectateur.

Inside nous arrive à Montréal sous la forme d’une captation vidéo d’une durée de six heures, sans montage. Le public est appelé à aborder le tout comme en salle d’exposition, entrant et sortant à sa guise de la salle de l’Usine C, aménagée sur deux paliers : le premier, avec sofas et coussins où s’installer confortablement et le deuxième, à l’étage supérieur, avec des gradins classiques.

Présent à la première mardi soir, le créateur grec reconnu pour son esthétique percutante a prononcé une courte allocution expliquant sa démarche artistique : «Inside est un jeu, une expérimentation autour de la question : ‟Qu’est-ce que le théâtre et qu’est-ce que l’action sur scène?” 

«C’est une tentative de transformer le théâtre en espace d’exposition, en paysage, un peu comme un ciel où défilent des nuages qui se métamorphosent constamment, se répétant toujours sans jamais mener nulle part.»

À l’Usine C, jusqu’au 23 novembre